Albert Cohen


Albert Cohen
Naissance
Corfou,  Royaume de Grèce
Décès (à 86 ans)
Genève, Suisse
Activité principale
Distinctions
Auteur
Langue d’écriture Français
Genres

Albert Cohen, né à Corfou, le , mort à Genève le , est un écrivain, dramaturge et poète suisse romand dont l'œuvre est fortement influencée par ses racines juives. D'abord diplomate, militant sioniste jusqu'en 1944, il publie son premier roman en 1930 mais ce n'est qu'en 1968 qu'il connaît la consécration littéraire avec Belle du Seigneur.

Sommaire

Biographie


Né dans l'île grecque de Corfou en 1895, Abraham Albert Cohen a un père, Marco Cohen, d'origine juive romaniote, et une mère, Louise Judith Ferro, Juive de langue italienne. Son grand-père préside la communauté juive locale[1].

Issus d'une famille de fabricants de savon, les parents d'Albert décident d'émigrer à Marseille après un pogrom, alors qu'Albert n'a que 5 ans. Ils y fondent un commerce d'œufs et d'huile d'olive. Il évoquera cette période dans Le Livre de ma mère. Le jeune Albert commence son éducation dans un établissement privé catholique. Le , il se fait traiter de « youpin » dans la rue par un camelot de la Canebière, événement qu'il racontera dans Ô vous, frères humains. Le jeune garçon court à la gare Saint-Charles. Il s'enferme dans les toilettes, faute de pouvoir s'enfuir. Sur le mur, il écrit : « Vive les Français ! » En 1904, il entre au lycée Thiers, et, en 1909, il se lie d'amitié avec un autre élève, Marcel Pagnol. En 1913, il obtient son baccalauréat avec la mention « assez bien ».

En 1914, Albert Cohen quitte Marseille pour Genève. Il s'inscrit à la faculté de droit de la ville en octobre. Dès lors, il s'engage en faveur du sionisme mais n'ira jamais en Israël[2]. Il obtient sa licence en 1917 et s'inscrit à la faculté des lettres, où il reste jusqu'en 1919. Cette année-là, il obtient la nationalité suisse (il était ottoman). Il tente sans succès de devenir avocat à Alexandrie. Il épouse la même année Élisabeth Brocher. En 1921 naît sa fille Myriam. En 1924, sa femme meurt d'un cancer.

En 1925, Albert Cohen prend la direction de La Revue juive à Paris, qui compte à son comité de rédaction Albert Einstein et Sigmund Freud. De 1926 à 1931, il occupe un poste de fonctionnaire attaché à la division diplomatique du Bureau international du travail, à Genève. Il trouve dans cette expérience l'inspiration qui lui permettra de construire l'univers d'Adrien Deume et de Solal des Solal pour Belle du Seigneur. En 1931, il se marie en secondes noces avec Marianne Goss, dont il divorcera.

En 1941, il propose de regrouper les personnalités politiques et intellectuelles européennes réfugiées à Londres dans un comité interallié des amis du sionisme qui aidera la cause d'un État juif, une fois la paix revenue. En effet, les dirigeants sionistes choisissent de porter tous les efforts sur le sauvetage des Juifs d'Europe quitte à sacrifier l'avenir politique [réf. nécessaire]. La stratégie de « propagande » de longue haleine de Cohen n'est donc plus d'actualité. De plus, avec l'entrée en guerre des États-Unis, l'Agence juive comprend que l'avenir du sionisme dépendra plus de l'Amérique que de l'Europe[3]. Cohen est alors chargé par l'Agence juive pour la Palestine d'établir des contacts avec les gouvernements en exil. Il s'irrite vite de la méfiance de ses supérieurs de l'Agence juive. Il démissionne en , très déçu par la cause sioniste.

Le , la mère de Cohen meurt à Marseille. Cette même année il rencontre Bella Berkowich, qui deviendra sa troisième épouse. En 1944, il devient conseiller juridique au Comité intergouvernemental pour les réfugiés dont font partie entre autres la France, le Royaume-Uni et les États-Unis. Il est chargé de l'élaboration de l'accord international du portant sur le statut et la protection des réfugiés.

En 1947, il rentre à Genève. Il est directeur d'une des institutions spécialisées des Nations unies. En 1957, il refuse d'occuper le poste d'ambassadeur d'Israël, pour poursuivre son activité littéraire.

Dans les années 1970, Albert Cohen souffre de dépression nerveuse et manque de mourir d'anorexie en 1978. Cette mort qu'il attend à chaque instant depuis toujours, ne veut pas de lui. Il change alors radicalement de vie (à plus de 80 ans…) et va employer ses dernières années à faire ce que son grand ami Marcel Pagnol avait fait toute sa vie : la promotion de son œuvre. Sortant de l'ascèse, il publie ses Carnets 1978 et répond aux demandes d'interviews. Une interview télévisée exclusive de Bernard Pivot, diffusée le et réalisée depuis son domicile genevois, situé 7 avenue Krieg, pour Apostrophes le propulse sur le devant de la scène littéraire. Un numéro du Magazine littéraire lui est enfin consacré. Lors d'une radioscopie de Jacques Chancel en mars-, il exprime ses opinions sur Marguerite Yourcenar, se demandant à son sujet comment il était « possible qu'une femme si grosse, si laide, si grasse, puisse écrire » ; des découvertes scientifiques de Marie Curie, il affirme qu'elles sont l'œuvre de « son mari, voyons !… J'en suis sûr. Pas elle. Elle était si sèche[4] ! »

En , il publie dans Le Nouvel Observateur son dernier texte, « Aimer et être aimé », qui rend hommage à l'amour qui l'unit à sa femme.

Albert Cohen meurt à 86 ans, le , des complications d'une pneumonie. Il est enterré au cimetière israélite de Veyrier, près de Genève[5],[6].

Bella Cohen est morte le , à 83 ans.

Œuvre


En 1921, Albert Cohen publie Paroles juives, un recueil de poèmes. Paraît ensuite un roman, Solal (1930), premier volume d'un cycle que Cohen a pensé intituler « la Geste des juifs » ou « Solal et les Solal ». Le roman, préfigurant en quelque sorte Belle du Seigneur, raconte la jeunesse du jeune Grec sur l’île de Céphalonie, ainsi que ses premières amours.

Le livre bénéficie en France d'une critique exceptionnelle. Il est traduit dans de nombreuses langues et le succès du roman devient universel : « Une œuvre stupéfiante », écrit le New York Herald Tribune ; pour le New York Times, Cohen, c'est James Joyce, Erskine Caldwell, Rabelais réunis, avec en plus la magie des Mille et Une Nuits. Les critiques anglaise, autrichienne, italienne ou helvétique s'expriment sur le même ton.

Vient ensuite Mangeclous en 1938. Aux analyses sentimentales s'ajoutent l'observation amusée du milieu de la Société des Nations. Après seize ans de silence, Cohen publie Le Livre de ma mère en 1954, poignant portrait d'un être à la fois quotidien et parfaitement bon qu'il évoquera une nouvelle fois dans ses Carnets (1978).

Belle du Seigneur

1968 est l'année de consécration pour Albert Cohen qui publie son œuvre majeure, Belle du Seigneur, dont une première version avait été écrite entre 1935 et 1938[7]. L'œuvre reçoit le grand prix du roman de l'Académie française.

Albert Cohen est fait chevalier de la Légion d'honneur en 1970.

Publications


Sont parus en volume du vivant de Cohen :

Et, de manière posthume, les recueils suivants :

Éditions critiques

Reprises et utilisations de l’œuvre


Notes et références


  1. Association Albert Cohen Corfou, « Biographie d'Albert Cohen (Corfou 1895 – Genève 1981) » , sur albertcohen.gr (consulté le 2 juin 2020).
  2. Schaffner et Zard 2005, p. 13.
  3. Schaffner et Zard 2005, p. 118.
  4. Albert Cohen, Radioscopie de Jacques Chancel, Paris, Éditions du Rocher, France inter, , 131 p. (ISBN 2-268-03251-5), p. 119.
  5. La Tribune de Lausanne, « Albert Cohen inhumé » , sur scriptorium.bcu-lausanne.ch, (consulté le 29 janvier 2019).
  6. Philippe Landru, « VEYRIER (Suisse) : cimetière israélite » , sur Cimetières de France et d'ailleurs, (consulté le 29 janvier 2019).
  7. Anne-Marie Boissonnas-Tillier, « À propos de la première version de Belle du Seigneur (1935-1938) », Cahiers Albert Cohen, 2,‎ , p. 15-24.

Annexes


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Bibliographie

Articles connexes

Liens externes








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