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Arbre à pain




Artocarpus altilis

L'arbre à pain (Artocarpus altilis) est un arbre de la famille des Moracées, originaire d'Océanie[1], domestiqué dans cette région pour son fruit comestible et aujourd'hui largement répandu sous les tropiques. C’est une espèce proche du jacquier, Artocarpus heterophyllus.

C'est une espèce très variable dont les populations d'Océanie ont sélectionné des centaines de cultivars. Certains cultivars sont des diploïdes fertiles (2n=2x=56) mais d'autres sont des hybrides ou des triploïdes stériles (2n=3x=~84) et doivent donc être propagés par la voie végétative[2].

Son fruit est le fruit à pain, parfois simplement appelé le pain, ou même brioche[3].

Aux Antilles françaises, on nomme châtaignier pays (Artocarpus altilis var. seminifera) une variété fertile, cultivée pour ses graines qui sont consommées cuites.

Synonymes taxonomiques :

Sommaire

Dénominations


Dans les langues polynésiennes, le fruit à pain est appelé uru (tahitien) ou ulu, ou bien mei[4] en wallisien[5], futunien, tuvaluan, niuafo'ou, marquisien, niuéen, mangarévien, beta au Vanuatu.

L'arbre à pain est appelé fouyapen ou fwiyapen en créole martiniquais et guadeloupéen, vouryapin en comorien, friyapin en créole réunionnais et mauricien et labapen (labapin) en créole haïtien[6], ou aussi buju en langage marron en Jamaique, momboya en lingala ou bléfoutou en Fon-gbé au Bénin. À Madagascar, dans la région forestière et son littoral sud-est, on dit tout simplement frein-paille, franc-paille, probablement du terme fruit à pain. Au Nord comme dans la région Sava, on l'appelle soanambo.

Caractéristiques


C'est un arbre sempervirent de taille moyenne qui peut atteindre 20 m de haut[7], doté d'un tronc droit et massif dont le diamètre peut dépasser un mètre. Toutes les parties contiennent un latex blanc.

Les feuilles simples, vert foncé, brillantes, sont munies de 7 à 11 lobes bien marqués[8],[9], plus ou moins profonds suivant la variété, à apex aigu ou acuminé. Ce sont de larges feuilles de 12-60 cm long × 10-50 cm large et encore plus grandes pour les juvéniles. Le pétiole massif fait moins de 5 cm de long.

Les fleurs sont regroupées en inflorescences mâles, allongées et pendantes, de 10-30 cm long × 2-4 cm, et en inflorescences femelles (vertes, sphériques ou oblongues), les deux étant présentes à la fois sur la même arbre (arbre monoïque).

Le fruit est un syncarpe[10], formé à partir de toute l'inflorescence femelle. À maturité, il est de couleur verdâtre, jaune pâle à jaune orangé. C'est un gros fruit rond ou oblong, de 12-25 cm de diamètre, pesant 1,5 à 2 kg. L'épiderme est marqué de figures hexagonales centrées sur un point épineux. La pulpe est de couleur crème.

Classification


Aux Antilles, on distingue deux types de variétés principales[9],[11] :

Les Polynésiens identifient plus d'une cinquantaine de variétés différentes d'arbre à pain, appelé uru ou maioré en tahitien[13].

Les formes à graines prédominent en Mélanésie (Nouvelle-Guinée, Salomon et Vanuatu), alors que les formes sans graines prédominent en Polynésie où l'arbre est propagé par drageons[10].

Écologie


L'arbre à pain est originaire d'Océanie, où la plus grande diversité morphologique est présente[8]. Il y a été domestiqué, et fournit une source de glucides importante depuis des millénaires.

Il a été introduit aux Antilles à la fin du XVIIIe siècle pour nourrir les esclaves avec ses fruits abondants et nourrissants par le capitaine du Bounty, William Bligh. Outre la Caraïbe, au cours du XVIIIe siècle, les Européens introduisirent quelques cultivars dans les régions tropicales de Madagascar, d'Afrique, d'Amérique du Sud et du Centre. Il est aujourd'hui répandu dans toutes les régions tropicales humides pour son intérêt alimentaire et esthétique.

C'est un arbre des plaines tropicales chaudes et humides.

Composition


Arbre à pain
Valeur nutritionnelle moyenne
pour 100 g
Apport énergétique
Joules 431 kJ
(Calories) (103 kcal)
Principaux composants
Glucides 27,12 g
- Amidon 11,22 g
- Sucres 11 g
Fibres alimentaires 4,9 g
Protéines 1,07 g
Lipides 0,23 g
Eau 70,65 g
Minéraux et oligo-éléments
Calcium 17 mg
Fer 0,54 mg
Magnésium 25 mg
Phosphore 30 mg
Potassium 490 mg
Vitamines
Vitamine B1 0,11 mg
Vitamine C 29 mg
Acides aminés
Acides gras

Source : http://ndb.nal.usda.gov/ndb/search/list?qlookup=09059&format=Full

L'arbre à pain[14] est riche en composés phénoliques comme les flavonoïdes, les stilbénoïdes et les arylbenzofurons.

Le fruit contient de l'artocarpine[15] et une enzyme, la papayotine. Il contient également des stilbènes, de l'arylbenzofurane, un flavanone, trois flavones, deux triterpènes et des stérols[16].

L'ensemble de la plante présente des traces d'acide cyanhydrique. Les feuilles contiennent des géranyl dihydrochalcones, de la quercétine et du camphorol aux propriétés hypotensives. L'écorce de la racine est riche en flavonoïdes[17] (prénylflavonoïdes, cyclomulberrine et des pyranoflavonoïdes).

Utilisations


Consommation alimentaire

Aux Antilles françaises, les fleurs mâles, appelées « tòtòt » en Martinique et « pòpòt » en Guadeloupe, sont consommées confites ou en confitures.

En Polynésie, le fruit à pain est préparé suivant de nombreuses recettes. Il est nommé uru en tahitien comme l'arbre.

Il existe plusieurs préparations possibles du fruit de l'arbre à pain.

Après cette cuisson, les tranches de uru peuvent être frites dans l'huile pour être consommées en frites.
Noter que le fruit est parfois directement posé sur un brûleur à gaz afin de le cuire rapidement.

Aux Antilles françaises, les graines du châtaignier-pays se consomment cuites à l'eau bouillante comme les châtaignes du châtaignier. Elles sont ensuite consommées telles quelles ou utilisées pour farcir des volailles.

Conservation

Avant la colonisation, les Polynésiens conservaient les uru de deux manières :

Autres utilisations

En Polynésie, il sert de répulsif naturel contre les moustiques et autres insectes en brûlant la fleur mâle de l’arbre.

Différentes parties de la plante étaient utilisées en médecine traditionnelle polynésienne pour la confection de ra'au tahiti, à partir de l'écorce, de la sève etc.

Aux Antilles françaises, l'arbre à pain sert à la confection de plusieurs remèdes créoles :

En Polynésie, le latex du uru était utilisé en colle, et pour assurer l'étanchéité de certaines embarcations. Le tronc servait à la confection de pirogues, et l'écorce pour fabriquer un tissu, le tapa.

Histoire


La première dénomination par un binôme linnéen, Sitodium altile, a été donnée par Sydney Parkinson (1745-1771) un artiste peintre écossais qui participa à la première expédition de James Cook dans le Pacifique. Dans son récit de Voyage autour du monde sur l'Endeavour[19], lors de l'escale à Tahiti, il indique

"E ooro, Sitodium-altile. Cet arbre est celui qui porte le fruit-pain, si souvent cité par les voyageurs aux îles de la mer du sud; il peut être justement appelé soutien de vie, pour les habitants de ces îles, qui en tirent leur principale nourriture. Il s'élève entre trente et quarante pieds de haut..."

suit une description assez précise de l'arbre, de ses fleurs mâles et femelles distinctes, du fruit, de sa récolte à l'aide d'un long bâton et de sa cuisson

"Avant de faire cuir ce fruit, on enlève toute l'écorce avec une coquille ; et quand il est gros, on le coupe par quartiers. Après avoir fait un four ou une fosse en terre, et l'avoir rempli de pierres chaudes, on y met le fruit entre un lit de feuilles ; on le recouvre ensuite avec des pierres brûlantes, et de la terre qu'on presse le plus qu'il est possible ; en deux ou trois heures de temps, la cuisson est faite, et ce fruit offre alors un aliment plus flatteur à l'œil que le plus beau pain que j'ai vu de ma vie. Le dedans est très blanc, et le dehors d'un brun pâle ; sa substance est très farineuse : c'est peut-être ce qu'on peut manger de plus agréable pour remplacer le pain, si toutefois ce fruit, ainsi préparé, ne le surpasse pas."

C'est à l'occasion d'une tentative d'introduction dans les Antilles depuis l'Océanie en 1789 que le HMS Bounty subit une mutinerie demeurée célèbre dans l'histoire.

Notes et références


  1. Jean Guillaume, Ils ont domestiqué plantes et animaux : prélude à la civilisation, Versailles, Éditions Quæ, , 456 p. (ISBN 978-2-7592-0892-0, notice BnF no FRBNF42359774 , présentation en ligne ), « Annexes ».
  2. (en) Diane Ragone, « Chromosome numbers and pollen stainability of three species of Pacific Island Breadfruit (Artocarpus, Moraceae) », American Journal of Botany, vol. 88, no 4,‎ , p. 693-696
  3. J.L. Forbach, Cultures indigènes d'Océanie, Orléans, Revue d'ethnologie comparée, , 310 p., p.134
  4. « Pollex Online » , sur pollex.shh.mpg.de (consulté le 20 novembre 2016)
  5. Karl H. Rensch, Dictionnaire wallisien-français (Tikisionalio fakauvea-fakafalani), The National Australian University, coll. « Pacific Linguistics », (lire en ligne ), p. 278
  6. Les plantes et les légumes d'Haïti qui guérissent: mille et une recettes pratiques, Arsène V. Pierre-Noël, Timoléon C. Brutus. Publié par Impr. de l'État, 1959. Vol. 2, p.21-22
  7. 30 m en Océanie
  8. a et b (en) N.J.C. Zerega, D. Ragone, T. J. Motley, « Systematics and Species Limits of Breadfruit (Artocarpus, Moraceae) », Systematic Botany, vol. 30, no 3,‎
  9. a et b Jacques Fournet, Flore illustrée des phanérogames de Guadeloupe et de Martinique, Gondwana editions, Cirad,
    Tome 1 (ISBN 2-87614-489-1) ; Tome 2 (ISBN 2-87614-492-1)
  10. a et b Annie Walter, Chanel Sam, Fruits d'Océanie, Paris, Editions de l'IRD, , 310 p.
  11. voir Tela Botanica
  12. Sastre C., Breuil A., Plantes, milieux et paysages des Antilles françaises. Ecologie, biologie, identification, protection et usages., Biotope, Mèze,
  13. Il est parfois désigné sous le nom de maiore car un roi ayant pris le nom de uru, il était devenu tabou de l'utiliser. tahiti1.com
  14. (en) U.B. Jagtap, V.A. Bapat, « Artocarpus : a review of its traditional uses, phytochemistry and pharmacology », Journal of Ethnopharmacology, vol. à paraître,‎
  15. a et b Jean-Louis Longuefosse, 100 plantes médicinales de la Caraïbe, Gondwana Editions,
  16. (en) Nilupa R. Amarasinghe, Lalith Jayasinghe, Noriyuki Hara, Yoshinori Fujimoto, « Chemical constituents of the fruits of Artocarpus altilis », Biochemical Systematics and Ecology, vol. 36,‎
  17. (en) Lin CN, Shieh WL, « Pyranoflavonoids from Artocarpus communis », Phytochemistry, vol. 31, no 8,‎
  18. http://madinina.fleurs.free.fr/plantes.htm
  19. GoogleLivres

Liens externes


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Articles connexes





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Source: Wikipedia - https://fr.wikipedia.org/wiki/Arbre à pain (Auteurs [Histoire])    Licence: CC-by-sa-3.0


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