Autoréférence - fr.LinkFang.org

Autoréférence


L'autoréférence apparaît dans les langages naturels ou formels, quand une phrase, une idée ou une formule fait référence à elle-même. Cette référence peut s'exprimer directement, grâce à une formule ou une phrase intermédiaire, ou par encodage sémantique. En philosophie, elle renvoie à la capacité d'un sujet à parler de lui ou à se référer à lui-même.

L'autoréférence est un sujet d'étude et a des applications en mathématiques, en philosophie, en programmation ou encore en linguistique. Un énoncé contenant une autoréférence est parfois paradoxal.

Il y a hétéroréférence lorsqu’un mot (ou une phrase) se réfère à un objet (ou une situation) du monde, par exemple : une encyclopédie. Il y a autoréférence lorsqu’un signe se réfère à lui-même. Ainsi, la phrase : « Cette phrase compte cinq mots » est autoréférente. Les phrases autoréférentes peuvent être paradoxales ; ainsi : « Cette phrase est un mensonge » (paradoxe d'Épiménide) ne peut être classée vraie ou fausse. Un paradoxe de type Épiménide peut être considéré comme la négation d’une autoréférence. Exemples tirés du Trésor des Paradoxes (Éd. Belin) : « N’est pas en français est en français » ; « Imprimé ici n’est pas imprimé ici » ; « Ma fourche ne langue jamais » (contrepèterie avec négation d’une autoréférence) ; « Je ne m’ai jamais trompé en parlant » ; « Cette phrase n’est pas autoréférente » ; « Si cette phrase était traduite en chinois, elle signifierait tout autre chose » (Douglas Hofstadter).

Un autre type de situation autoréférentielle est celui de l’autopoïèse, car l’organisation logique produit la structure physique qui la réalise logiquement et la régénère.

Sommaire

En philosophie


Certains concepts ont un fort caractère autoréférentiel, par exemple conscience, être, réalité, identité, existence. Ils renvoient à eux-mêmes : on parle de miroir ontologique.

En bouddhisme

L'étude des kōans ou paradoxes constitue une des bases de l'enseignement du Zen sōtō. De nombreux koans sont basés sur l'autoréférence.

Exemple

« Toutes les choses sont impermanentes. »

« L'impermanence est-elle permanente ou impermanente ? »

On retrouve dans certains koans la même structure que les paradoxes logiques en mathématiques. Dans l'exemple ci-dessus, il est clair que si l'impermanence est permanente, alors il existe quelque chose de permanent (l'impermanence elle-même) et tout n'est pas impermanent. Et que si l'impermanence est impermanente cela signifie qu'elle a une fin au-delà de laquelle va régner la permanence.

En mathématiques


En logique

En 1931, Kurt Gödel, pour démontrer son théorème d'incomplétude, utilise un énoncé inspiré du paradoxe d'Épiménide dont il tire une contradiction conduisant à l'incomplétude.

En mathématiques et en logique mathématique l'autoréférence prend également la forme de l'imprédicativité (ou non-prédicativité). Ce concept apparut au cours du débat sur les fondements qui opposa Henri Poincaré et Bertrand Russell au début du XXe siècle.

En mathématiques récréatives

Certains casse-tête, publiés entre autres dans l'ancienne revue Jeux et Stratégie, font appel à l'autoréférence, comme de compléter en lettres (la réponse est trente) :

Cet énoncé comporte ... lettres.

On peut aussi se poser des questions autoréférentes sur le développement décimal des nombres irrationnels comme π, celui-ci n'étant pas périodique[1].

Autres sous-domaines

En linguistique


Elle apparaît principalement pour les autonymes, c'est-à-dire les mots cités en tant que mots. Les autonymes doivent être marqués typographiquement pour être distingués du discours non autoréférent. Les guillemets peuvent être utilisés dans un texte manuscrit ou tapuscrit, l'italique en typographie courante. Par exemple : « le mot mot est un nom ». Cela renvoie au paradoxe de Grelling-Nelson.

En littérature


Le poème de Francis Ponge Fable commence avec « Par le mot par commence ce texte » et le second vers est « Dont la première ligne dit la vérité ».

Dans la vie quotidienne


La mention « Vous êtes ici », présente sur les cartes implantées à un endroit fixe. En fait, il ne s'agit pas d'une auto-référence, puisque c'est la carte qui indique l'endroit où celui qui la lit est, ça n'est pas l'endroit lui-même qui indique où il est. On est là typiquement en présence d'une confusion classique, quand on parle d'auto-référence. Pour que la carte fasse une auto-référence, il faudrait qu'il soit écrit « Je suis là ».

Notes et références


(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Self-reference  » (voir la liste des auteurs ).

Voir aussi


Articles connexes

Bibliographie

Liens externes








Catégories: Autoréférence | Logique | Paradoxe logique




Information à partir de: 20.03.2021 07:12:10 CET

Source: Wikipedia (Auteurs [Histoire])    Licence: CC-by-sa-3.0

Changements: Toutes les images et la plupart des éléments de conception liés à celles-ci ont été supprimés. Certaines icônes ont été remplacées par FontAwesome-Icons. Certains modèles ont été supprimés (comme «l’élargissement de l’article doit être développé) ou attribués (comme les« notes »). Les classes CSS ont été supprimées ou harmonisées.
Les liens spécifiques à Wikipedia qui ne mènent pas à un article ou à une catégorie (tels que «Liens rouges», «Liens vers la page de modification», «Liens vers des portails») ont été supprimés. Chaque lien externe a une icône FontAwesome supplémentaire. Outre quelques modifications mineures dans la conception, le conteneur de supports, les cartes, les boîtes de navigation, les versions parlées et les microformats géographiques ont été supprimés.

Notez s'il vous plaît: Étant donné que le contenu donné est automatiquement extrait de Wikipedia à un moment donné, une vérification manuelle était et n'est pas possible. Par conséquent, LinkFang.org ne garantit pas l'exactitude ni l'actualité du contenu acquis. S'il existe une information erronée pour le moment ou dont l'affichage est inexact, n'hésitez pas à Contactez-nous: l'e-mail.
Voir également: mentions légales & charte de confidentialité.