Bataille de Marseille


Revue de troupes du 7e RTA dans Marseille libérée, le . De droite à gauche : Emmanuel d'Astier de La Vigerie, Joseph de Goislard de Monsabert (en képi à feuilles de chêne), Jean de Lattre de Tassigny et André Diethelm.
Informations générales
Date 21 août -
Lieu Marseille
Issue Victoire française
Belligérants
Armée française de la Libération
Forces françaises de l'intérieur
 Reich allemand
Commandants
Joseph de Goislard de Monsabert Hans Schaefer
Forces en présence
3e division d'infanterie algérienne (3e DIA),
1er, 2e et 3e Groupements de Tabors marocains (GTM),
CC1 (Combat Command 1) de la 1re division blindée (1re DB) de l'Armée B (future 1re armée française) (12 000 hommes),
Forces françaises de l'intérieur
244e division d'infanterie (13 000 hommes)
Pertes
1 400 à 1 800 tués, blessés et disparus2 000 tués, blessés et disparus,
11 000 prisonniers

2e campagne de France


Front d'Europe de l'Ouest


Front d'Europe de l'Est


Campagnes d'Afrique, du Moyen-Orient et de Méditerranée


Bataille de l'Atlantique


Guerre du Pacifique


Guerre sino-japonaise

La bataille de Marseille est l'ensemble d'actions et de combats du 21 au ayant conduit à la libération de Marseille.

Sommaire

Présentation


Le a lieu le débarquement en Provence. À cette occasion, l'occupant se retranche dans ses bunkers, se terre mais continue de se battre contre la résistance et fait sauter les installations portuaires : plus de 200 navires sont coulés et le célèbre pont transbordeur de Marseille détruit.

Le 19 août 1944, le général de Lattre de Tassigny reçoit l'ordre du général Patch, commandant la 7e armée américaine, de prendre Toulon et Marseille. Deux groupements sont constitués afin d'attaquer les deux ports simultanément :

Les FFI de Marseille (et parmi eux Gaston Defferre) préparent la libération de la ville. Le lundi 21 août, ils lancent l'insurrection accompagnée d'un mot d'ordre de grève générale. Ils occupent rapidement nombre de bâtiments et de carrefours mais, mal armés et peu nombreux, leur position est critique jusqu'à l'arrivée des tirailleurs algériens de la 3e division d'infanterie algérienne (3e DIA) du général de Monsabert et des goumiers marocains du général Guillaume appuyés par le Combat Command 1 (CC1) de la 1re division blindée (1re DB) qui pénètrent dans Marseille le mercredi 23. Les Allemands se méprennent tant quant à l'importance de l’insurrection qu'à celles des forces régulières en présence, bluffés par les actions des différents partis de la résistance et par la rapidité de l'extension de l'offensive depuis le débarquement qui les mènent à des erreurs stratégiques : le rapport de force serait de 4 pour un en faveur des Allemands si l'on s'en tient aux forces régulières selon certains.

Les combats avec l'armée allemande se poursuivront malgré tout plusieurs jours, jusqu'à la capitulation du général Schaeffer le 28 août. Le bombardement de Marseille a été évité et s'est limité aux batteries des iles du Frioul. Le 29, le général de Lattre assiste au défilé de l’armée d'Afrique sur la Canebière[1],

Déroulement des opérations


La prise de Marseille est anticipée du fait de la rapidité du déroulement des opérations sur Toulon. Ces deux batailles sont d’ailleurs très similaires dans leur déroulement en trois phases (investissement, resserrement et assaut final)[2].

L’opération débute le matin du par la prise du carrefour du Camp au Nord Ouest de La Ciotat par le 2e régiment de cuirassiers (2e RC) (CC1 de la 1re DB) aux ordres du Général Bonjour qui luttaient depuis la veille, ouvrant ainsi la route d'Aubagne au 7e régiment de tirailleurs algériens (7e RTA), ainsi qu'aux trois groupements de tabors marocains (GTM)[3].

Après de durs combats, les 21 et 22 août, le 2e RC et le 3e bataillon porté de zouaves (CC3 de la 1re DB), renforcés par le 2e GTM, s’emparent d'Aubagne. Une partie des effectifs du 7e RTA, le 3e bataillon (Cdt FINAT-DUCLOS, qui tombera devant la batterie du Canet, à l'Ouest) a traversé le Garlaban à dos de mules un peu au Nord par le plan de l'Aigle et fait la jonction avec la résistance[4],[5] au col de Cante Perdrix (maquis Attila) avant d'atteindre Allauch.

Le 22 août, la ville de Peypin est investie par les CC1 (partiel), CC2 et le 1er GTM. Une autre colonne du 7e RTA, la 11e est acheminée au carrefour de la pomme (La Bouilladisse) par camion puis gagne Mimet où il passe la nuit. Le lendemain, un parti passe la crête à dos de mules au niveau du pilon du Roi et contourne le verrou de la route des termes en passant la chaîne de l'étoile par Mimet et redescendra sur Plan de Cuques direction les Chartreux, tandis que le deuxième bataillon se porte sur la Gavotte et Septemes.

Ce même jour, outrepassant les ordres, le colonel Chapuis avec le 1er bataillon du 7e RTA et les chars d'un escadron du 2e RC s’introduisent dans Marseille. Les 2e et 3e bataillons du 7e RTA sont quant à eux sérieusement accrochés respectivement au nord et au nord-est de la ville[3] : les troupes passée par Simiane sont bloquées à Septemes par une petite garnison, jusqu'à ce que les troupes passées par les cols à l'Est du massif ne les prennent à revers.

Malgré le soulèvement FFI et la pénétration du 7e RTA et du 2e RC jusqu’au centre de la ville (carrefour de la Madeleine), les Allemands résistent et leurs défenses restent intactes notamment en périphérie[2].

Après une tentative infructueuse de règlement à l’amiable le 23 août, les combats reprennent dès le 24. De Lattre engage alors le 3e régiment de tirailleurs algériens (3e RTA) en provenance de Toulon[2].

Les affrontements des jours suivants sont violents et meurtriers notamment pour la prise de la colline de Notre-Dame-de-La-Garde le 25 et 26 août (II/3e RTA, I/7e RTA, 7e RCA, 2e RC et FFI) et de la gare Saint-Charles (III/7e RTA).

Mais c’est au nord, au carrefour de la Gavotte, que les défenses sont les plus sérieuses avec l’ouvrage en béton de la « Feste » Fouresta à l'emplacement de l'actuelle cité du Plan d'Aou (1er GTM et II/7e RTA)[3]. Parois épaisses de 3 à 4m, DCA, barbelés, mines 6 pièces de flak de 88 desservis par des souterrains sur le plateau de Foresta : 1 an de travaux[6]. Ce n'est que le 27 aout également que la position de Tante Rose/Verduron Haut/Moulin du Diable au dessus de la Gavotte/sud-ouest de Septèmes sera conquise.

Le 26, André Diethelm et le général de Lattre sont à Marseille. Suite à sa réflexion sur la tenue des tirailleurs qui leur rendent les honneurs, le général Goislard de Monsabert dit au général de Lattre de Tassigny : "Ils sont beaux, mon général[7] !"

Au sud, malgré quelques accrochages (6e Tabor marocain du 2e GTM à Saint-Loup), la progression est plus aisée pour les 2e et 3e GTM. Ce dernier, après un dernier combat au Fort Napoléon du cap Croisette, contrôle le 28 août l’ensemble du littoral sud. Le 2e GTM quant à lui remonte sur le centre-ville et vient renforcer les tirailleurs algériens[3].

Le 27 août la plus grande partie de la ville est libérée, l’ennemi ne tient plus que les installations portuaires et quelques points au nord de la ville.

Le 28 août il se rend finalement au 1er GTM qui vient d’être renforcé par des éléments blindés du CC1 de la 1re DB[3].

Seul résiste encore le commandant du fortin du Racati qui ne croit à la capitulation que lorsqu'on l'amène au QG.

Bilan


Au cours des combats pour la libération de Marseille, le nombre de soldats de l'Armée française et FFI tués et blessés s'élèvent à entre 1 400 et 1 800 selon les sources, dont près de la moitié parmi les goumiers marocains (150 tués et 540 blessés)[8]. Du côté allemand, on dénombre environ 2 000 tués et 11 000 prisonniers[2].

Le Général de Montsabert écrira dans son rapport sur la bataille de Marseille : « Onze mille prisonniers, un grand nombre de pièces d'artillerie intactes, des stocks de munitions et de vivres, les installations portuaires sauvées de la destruction totale sont le bilan de cette libération victorieuse pour laquelle se sont mêlés le sang des cavaliers, des goumiers, des tirailleurs, des vieux artisans de la Victoire d'Italie et des F.F.I. locaux »[3].

Forces en présence


France

Au sein de ces unités combattent les :

Allemagne

Hommages


Lieux portant le nom de soldats et de résistants morts lors de la Libération de Marseille

Voies portant le nom des goums ou des tabors marocains

Hommages des généraux alliés

« C'est avec le plus grand plaisir que je vous transmets les félicitations personnelles du Chef d'État-Major Général de l'Armée américaine, le général George Marshall, pour avoir anéanti si brillamment et si rapidement la résistance allemande à Toulon et à Marseille. Mes plus profondes félicitations à vous et à votre splendide Armée, pour un fait d'armes qui demeurera à travers l'histoire comme une épopée militaire. »

— Extrait de la lettre du 3 septembre 1944 du général Patch, commandant la VIIe Armée américaine, transmettant les félicitations du général Marshall, Chef d'État-Major Général de l'Armée américaine, au général de Lattre de Tassigny commandant la 1re Armée française

Inscriptions de bataille

L'inscription de bataille Marseille 1944 est attribuée aux drapeaux des :

Monuments et plaques commémoratives de la libération de Marseille

« Marseille reconnaissante aux Tabors marocains. Sous les ordres des colonels Leblanc, Boyer de Latour et Masset du Biest, les 1er, 2e et 3e Groupements de Tabors Marocains ont participé à la libération de Marseille du 21 au 28 août 1944. Au cours des combats : 7 officiers, 10 sous-officiers français, 150 gradés et goumiers marocains ont été tués. 17 officiers, 38 sous officiers français, 540 gradés et goumiers marocains ont été blessés. De l'Atlas au Danube, quatre GTM de l'Armée d'Afrique ont combattu aux côtés de la France et de ses alliés de décembre 1942 à la victoire du 8 mai 1945. »

— Texte de la stèle en hommage aux Goumiers marocains, avenue des Goumiers, Marseille, 2000

Citations militaires

Articles connexes


Bibliographie


Notes et références


  1. a et b http://www.libertyship.be/la-liberation-de-marseille/
  2. a b c et d http://www.jeanclaudegaudin.net/v4_jcg/index.php?option=com_content&view=article&id=391:marseille-honore-ses-liberateurs-marocains&catid=8:actualite-marseille&Itemid=47
  3. a b c d e et f « La libération de Marseille » , sur Libertyship.be
  4. « Le débarquement de Provence » , sur worldwartwo.free.fr (consulté le 8 avril 2019)
  5. [http://www.mvr.asso.fr/front_office/fiche.php?idFiche=1643&TypeFiche=4 « Les Faits d'Armes, Ecrits, R�cits »], sur www.mvr.asso.fr (consulté le 9 avril 2019)
  6. Général De Lattre, Histoire de la 1er Armée Française, Paris, plon, , p107
  7. Jacques Schmitt, Journal d'un officier de tirailleurs : 1944, Paris/Paris, Bernard Giovanangeli, , 253 p. (ISBN 978-2-7587-0067-8), p 222
  8. Paul Gaujac, Le débarquement de Provence : Anvil-Dragoon, août 1944, Paris, Histoire et collections, , 191 p. (ISBN 978-2-915239-26-3), p. 179
  9. a et b Paul Gaujac, Le Corps expeditionnaire français en Italie : 1943-1944, Paris, Histoire et collections, , 175 p. (ISBN 978-2-913903-93-7), p. 33
  10. Gaujac, L'armée de la victoire, p. 124-137

Liens externes









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Information à partir de: 20.03.2021 08:33:05 CET

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