Claude Joseph Rouget de Lisle


Rouget de Lisle
Buste de Rouget de Lisle par Pierre-Jean David d'Angers.
Naissance
Décès
Sépulture
Caveau des gouverneurs (d) (depuis le ), deuxième tombeau de Rouget de Lisle (d) ( - )
Nom de naissance
Claude Joseph Rouget de Lisle
Nationalité
française
Activité
Mouvement
Distinction
Œuvres principales
Signature de Rouget de Lisle dans une missive adressée au ministre de la Guerre, le 20 ventôse an IV.

Claude Joseph Rouget dit de Lisle[1], souvent appelé Rouget de l'Isle, est un officier français du génie, poète et auteur dramatique né le à Lons-le-Saunier et mort le à Choisy-le-Roi.

Il est l'auteur de La Marseillaise[2] et d'autres hymnes moins connus tels que l'Hymne Dithyrambique sur la conjuration de Robespierre et la Révolution du 9 Thermidor (1794) et Vive le Roi ! (1814).

Sommaire

Biographie


Officier du génie et auteur de La Marseillaise

Né le à Lons-le-Saunier, dans une maison sise 24 rue du Commerce, alors que sa mère était descendue de Montaigu au marché, Claude Joseph Rouget de Lisle est le fils aîné[1] des huit enfants de Claude Ignace Rouget[3] et de Jeanne Madeleine Gaillande[4]. Son père était avocat au bailliage de Lons-le-Saunier. Avec son frère Claude Pierre, il passe sa jeunesse à Montaigu et y poursuit ses études jusqu'au collège.

Sorti de l'École royale du génie de Mézières, il est nommé dans différentes garnisons, dont Mont-Dauphin, où il exerce ses talents de Don Juan[5]. En garnison à Strasbourg à partir du , au début de la Révolution, il fait la connaissance de Philippe-Frédéric de Dietrich, maire de Strasbourg, dans une loge maçonnique. À la demande de celui-ci, il compose plusieurs chants patriotiques, dont l'Hymne à la Liberté pour la fête de la Constitution célébrée à Strasbourg, le . La musique, inspirée d'Ignace Joseph Pleyel et que de Dietrich fait chanter par la foule sur la place d'Armes à Strasbourg. Plus tard, il compose Le Chant de guerre pour l'armée du Rhin, le , chanté par Philippe-Frédéric de Dietrich lui-même (et non pas par Rouget de Lisle) pour la première fois en public dans son salon, dès le lendemain 26 avril. Le , Louise de Dietrich, épouse du maire, écrit à son frère Pierre Ochs :

« Cher frère, je te dirai que depuis quelques jours je ne fais que copier ou transcrire de la musique, occupation qui m'amuse et me distrait beaucoup, surtout en ce moment où partout on ne parle et discute que de politique en tout genre. Comme tu sais que nous avons beaucoup de monde, et qu'il faut toujours inventer quelque chose, soit pour changer de sujet, soit pour traiter de sujets plus distrayants les uns que les autres, mon mari a imaginé de faire composer un chant de circonstance. Le capitaine du génie, Rouget de Lisle, un poète et compositeur fort aimable a rapidement fait la musique du chant de guerre.
Mon mari, qui est bon ténor, a chanté le morceau qui est fort entraînant et d'une certaine originalité. C'est du Gluck en mieux, plus vif et plus alerte. Moi, de mon côté, j'ai mis mon talent d'orchestration en jeu, j'ai arrangé les partitions pour clavecin et autres instruments. J'ai donc beaucoup à travailler. Le morceau a été joué chez nous, à la grande satisfaction de l'assistance…[6] »

Face à l'invasion des armées coalisées, l'Assemblée déclare la « patrie en danger », et les fédérés des provinces gagnent Paris pour participer à la défense de la Patrie. Des fédérés marseillais entonnent et répandent sur leur chemin le chant de Rouget de Lisle, qui était déjà parvenu chez eux. C'est ainsi que Le Chant de guerre pour l'armée du Rhin devient la Marche des Marseillois, puis La Marseillaise.

Rouget de Lisle quitte Strasbourg le 13 juin 1792 pour diriger la forteresse de Huningue. Le , Rouget de Lisle est destitué de ses fonctions de capitaine par Lazare Carnot pour avoir protesté contre l'internement de Louis XVI à la suite de la prise des Tuileries.

Rapidement réhabilité, il rejoint l'armée du Nord comme capitaine au corps de génie et devient aide de camp du général Valence à l'armée des Ardennes où il se lie d'amitié avec le général Le Veneur et l'adjudant général Hoche[7]. Il s'illustre en tant qu'ingénieur lors du siège de Namur, dont la citadelle est prise aux Autrichiens le 2 décembre 1792[7]. Il ajoute alors deux couplets à la Marseillaise, intitulés « couplets aux Belges », qui sont imprimés à Namur[7],[8],[9].

Proche des monarchiens, il est emprisonné sous la Terreur mais échappe à la guillotine. En 1795, il est envoyé à l'armée des côtes de Brest sous les ordres du général Hoche. Il affronte les Chouans et les Émigrés lors de l'expédition de Quiberon. Il démissionne en 1796 et vit difficilement à Lons-le-Saunier.

Auteur malchanceux et vie précaire

Il se montre tout à fait hostile à l'instauration du Premier Empire en 1804 ; il ose même alors écrire à Napoléon Bonaparte : « Bonaparte, vous vous perdez, et ce qu'il y a de pire, vous perdez la France avec vous[10] ! »

Sous le Premier Empire, il dirige une entreprise de fournitures de vivres auprès des armées.

Rouget de Lisle compose d'autres chants semblables à la Marseillaise et en 1825 il publie Chants français. En 1830 Hector Berlioz livre à la postérité une nouvelle orchestration du Chant du Neuf Thermidor (H51bis) et de La Marseillaise (H51A). Il n'arrive pas à percer dans la carrière littéraire et doit se contenter de travaux alimentaires (préfaces, traductions d'ouvrages anglais, mémoires). Il écrit sous la Restauration un hymne royaliste, mais celui-ci, baptisé Vive le Roi !, ne parvint pas à séduire Louis XVIII qui n'agréa pas la chanson[11].

Il finit sa vie dans une situation précaire, devant même vendre l'héritage de son père. On connaît une lettre[12] que Pierre-Jean de Béranger lui adresse, le , à la prison de Sainte-Pélagie, où il est emprisonné pour dettes. En 1830, Louis-Philippe Ier lui accorde une pension viagère de 1500 francs, puis une pension supplémentaire de 2000 francs en 1832. Il s'éteint à Choisy-le-Roi le à l'âge de 76 ans. Il repose d'abord à Thiais, dans la propriété de son ami Ange François Blein. Ses cendres sont solennellement transférées aux Invalides le [13] mais sa première tombe est conservée au cimetière de Choisy-le-Roi.

Les papiers personnels de Claude-Joseph Rouget de Lisle sont conservés aux Archives nationales sous la cote 75AP[14].

La Marseillaise


Le « Chant de guerre pour l'armée du Rhin » a été composé dans la nuit du à Strasbourg, à la suite de la déclaration de guerre à l'empereur d'Autriche. Il est dédié au maréchal Lukner. Philippe-Jacques Dannbach[15] (1747-1812), imprimeur de la municipalité, publie en mai le texte et la mélodie[16]. Un journal les reproduit et parviennent à Marseille. Enthousiastes les volontaires marseillais l'adoptèrent et le chantèrent en entrant dans Paris, le 30 juillet 1792. Le chant devient alors l’Hymne des Marseillais, puis La Marseillaise. Interdit pendant la Restauration, il est adopté comme hymne national de la République française le [17].

Les paroles de La Marseillaise sont marquées par les slogans patriotiques, et le style du temps, qu'on retrouve dans les affiches de conscription, ou autres chants : Aux armes, citoyens !, l'étendard sanglant est levé… Marchons… Il faut combattre, vaincre ou mourir… ou des images littéraires, comme chez Nicolas Boileau : …Et leurs corps pourris, dans nos plaines, n'ont fait qu'engraisser nos sillons (ode sur un bruit qui courut, en 1656, que Cromwell et les Anglais allaient faire la guerre à la France), comme d'autres chansons, alliant l'idée de patrie à celle de terre nourricière, de défense des plus faibles devant l'envahisseur (l'Europe coalisée contre la France), stigmatisant « les féroces étrangers qui ravissent d'entre nos bras nos femmes et nos enfants ».

Autres signatures


Publications


Hommages


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Philatélie

Rouget de Lisle au cinéma et à la télévision

Plusieurs films reprennent le personnage de Rouget de Lisle :

Notes et références


  1. a et b Généalogie de la famille Rouget .
  2. La Marseillaise, par ROUGET DE LISLE., 1701-1800 (lire en ligne )
  3. Né le 5 avril 1735 à Petit-Noir, mort le 6 août 1792 à Orgelet.
  4. Née le 2 juillet 1734 à Lons-le-Saunier, morte le 20 mars 1811 dans cette même ville.
  5. André Golaz, Odette Golaz, A. Guillaume (préfacier), Notice historique et descriptive sur Mont-Dauphin (Hautes-Alpes), Société d'études des Hautes-Alpes, Gap, 1981 (3e édition, 1re édition 1966), (ISBN 2-85627-001-8), p. 63.
  6. Arthur Loth, La Marseillaise : enquête sur son véritable auteur, Paris, Nouvelles Éditions Latines, , 158 p. (ISBN 978-2-7233-0458-0, lire en ligne ), p. 25.
  7. a b et c Marc Ronvaux, Namur 1792, le siège méconnu .
  8. Bibliothèque nationale, Principaux enrichissements au cours de l'année 1976. XVIIIe siècle. .
  9. Chronique. In: Revue du Nord, tome 7, n°25, février 1921. pp. 75-85. (lire en ligne ).
  10. André Castelot, Bonaparte, librairie académique Perrin, 679 p..
  11. Marie-Louise Jacotey, Rouget de Lisle et la Marseillaise : Histoire, Langres, Dominique Guéniot, , 94 p. (ISBN 978-2-87825-390-0, présentation en ligne ), p. 45-46.
  12. Pierre-Jean de Béranger, Lettre cxxxvii À M. Rouget de Lisle : Correspondance de Béranger, t. 1, Paris, , 4 vol. ; in-8° (lire en ligne ), p. 825.
  13. Photos de la cérémonie du transfert des cendres de Rouget de Lisle aux Invalides : 1 , 2 , 3 , 4 , 5 , 6 , 7 , 8 9 .
  14. Archives nationales .
  15. Fédération des sociétés d'histoire et d'archéologie d'Alsace : Dannbach Philippe Jacques
  16. Julien Tiersot, Histoire de la Marseillaise, Paris, Librairie Delagrave, , 152 p. (lire en ligne ), p. 48-49, 76-78, 149
  17. BnF : Rouget de Lisle chantant La Marseillaise
  18. Christophe Marchal, « TGV en gare de Lons, dimanche 12 » , sur actu.fr/voix-du-jura, (consulté le 13 janvier 2018) : « Le 9 juin 2001, le train corail dénommé le Rouget-de-Lisle, reliant Strasbourg à Marseille via Lons en une seule traite, effectuait son dernier voyage. »
  19. Catalogue Yvert et Tellier, Tome 1.

Annexes


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Bibliographie

Liens externes








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