Code officiel géographique


Le Code officiel géographique (COG) est un document qui décrit une série de codes Insee, constituant certains des codes géographiques de la France. C'est un document de référence publié par l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) qui rassemble les codifications (numérotations et libellés) des communes, des cantons, des arrondissements, des départements, des régions, des collectivités d'outre-mer, des pays et territoires étrangers.

Ce code officiel[1] est particulièrement employé pour répertorier les communes, en raison de leur grand nombre (37 901 communes et communes déléguées en France métropolitaine et dans les départements d'outre-mer (DOM) au [2]) et de leurs homonymies, ainsi que pour désigner les départements.

Ce code est révisé annuellement, en fonction notamment des fusions et associations de communes ou de territoires et des changements de dénomination.

Sommaire

Histoire


Origines

C'est en 1790, lors de la création des départements, qu'un numéro d'ordre alphabétique fut attribué à ceux-ci, utilisé par la poste. Les départements étaient alors numérotés de 01 (l’Ain) à 83 (l’Yonne).

L'idée proprement dite du COG, c'est-à-dire d'un code numérique significatif qui couvre à la fois les départements et communes de la France métropolitaine, les territoires de la France d’outre-mer et les pays étrangers, remonte pour sa part à 1935[3].

Le nombre d’éléments à coder (départements et communes françaises, territoires de la France d’outre-mer et pays étrangers), de l’ordre de 40 000, imposait d'utiliser un minimum de cinq chiffres.

Ce minimum nécessaire s'avérait également suffisant compte tenu de la structure de ces éléments et du niveau de détail visé pour les territoires de la France d’outre-mer :

Ces grandes lignes furent celles employées également par la suite.

Édition dite « pilote » (1941)

En 1941, la Direction de la démographie, dirigée par René Carmille et dépendant du Secrétariat général pour les questions économiques du ministère de l’Économie nationale et des Finances, publie à Lyon (imprimerie Emmanuel Vitté) un volume de 440 pages intitulé « Code officiel géographique établi à la date du  ». Cette édition est considérée comme « pilote » car elle n’est pas reprise dans la numérotation des éditions ultérieures du COG[3].

Elle comprend quatre parties :

  1. départements et communes de la France métropolitaine : codes et préfixes 01 à 90 ;
  2. département français d'Algérie : codes et préfixes 91 à 94 ;
  3. les territoires de l’Empire français (pays, protectorats et territoires sous mandat) : préfixe 98 ;
  4. les pays et territoires étrangers : préfixe 99.

La structure de la classification retenue ne sera que peu changée lors des éditions ultérieures.

Première édition (1943)

La première édition du Code officiel géographique, « établi à la date du  », est publiée par la direction générale du Service national des statistiques (SNS) du ministère de l’Économie nationale et des Finances[3].

Elle introduit les codes des arrondissements et des cantons, ainsi que les préfixes 95 pour le Maroc et 96 pour la Tunisie.

L'Insee, chargé « officiellement » de la nomenclature des collectivités locales

En 1946, le SNS est remplacé par l’Insee. Le décret no 46-1432 du [4] dispose clairement dans son article 1er 2° que l'Insee a pour attributions « de coordonner les méthodes des administrations publiques » et « de réaliser l'unification des nomenclatures et codes statistiques ». Dès lors, l'Insee établi un rectificatif au Code officiel géographique récapitulant l’ensemble des modifications intervenues au cours de l’année précédente.

On peut signaler en particulier :

La deuxième édition du COG n'est publiée que onze ans après la première, en 1954, en prévision du recensement de la population. Cette édition, à jour au , reprend les modifications introduites pour les départements d’outre-mer mais ne reprend pas le fascicule consacré à la Sarre. Elle introduit en outre des modifications dans le code de l’Algérie et des territoires du Sud-Algérien[3].

Suivent ensuite les éditions de 1961, 1966, 1968, 1971, 1975, 1982, 1985, 1990, 1994 et 1999, une édition sur deux s'inscrivant dans le cadre d’un recensement de la population et les cinq autres étant publiées en période intercensitaire.

L’édition de 1966 prend en compte les changements issus de la décolonisation et celle de 1968 ceux issus de la réorganisation de la région parisienne.

Le code des régions est introduit dans l'édition de 1982, pour la France métropolitaine, puis dans la dixième édition de 1985 pour les régions d’outre-mer[3].

Le COG « officiellement officiel » en 2003

En 2003, le COG est depuis plus de soixante ans le code géographique de référence, sur le plan administratif comme sur le plan statistique. En particulier, les numéros de région, département, arrondissement, canton et commune donnés dans les décrets authentifiant les résultats des recensements de la population (plus précisément dans les tableaux de chiffres qui leur sont annexés) sont issus de ce code.

La reconnaissance explicite de son caractère officiel n’intervient toutefois qu’avec l’arrêté ministériel du qui arrête[5] :

« Article 1

Est approuvée la nomenclature des collectivités territoriales et des circonscriptions administratives de la France et des pays et territoires étrangers dénommée code officiel géographique (COG).

Article 2

Le code officiel géographique est géré et publié par l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) et mis à jour annuellement.

Article 3

Le directeur général de l'Institut national de la statistique et des études économiques est chargé de l'exécution du présent arrêté, qui sera publié au Journal officiel de la République française. »

Une telle explicitation était en effet devenue nécessaire dans un paysage juridicostatistique sensiblement transformé :

Le COG en données ouvertes

Le Code Officiel Géographique fait partie des neuf bases de données de références[6], instituées par la loi pour une République Numérique du 7 octobre 2016, dite Lemaire[7]. Le décret d’application 2017-331[8] du 14 mars 2017 relatif au service public fixe la mise à disposition de ces données de référence[9].

Principe


France

Le code COG de la France semble être 99100[10].

Code région

Le « code région[Note 2] » contient deux chiffres (codes compris entre « 01 » et « 94 »).

Chaque région administrative française peut ainsi être identifiée par un code unique à deux chiffres.

Code département

Chaque département français, au sens des circonscriptions administratives de l'État, est identifié par un numéro unique, soit à deux chiffres, soit à trois chiffres dont un préfixe à deux chiffres qui n'est attribué seul à aucun département.

Numéro Nom Chef-lieu Dates d’existence
91 Alger Alger 1848 – 1957
92 Oran Oran 1848 – 1957
93 Constantine Constantine 1848 – 1957
99 Bône Bône 1955 – 1957
94 Territoires du Sud - 1902 – 1957

Depuis 2015, les départements au sens des collectivités territoriales et les autres collectivités à compétences départementales ont un code distinct. Cela fait suite à la création de la Métropole de Lyon, laquelle a fait que le département du Rhône en tant que circonscription administrative de l'État n'a plus le même territoire que le département du Rhône en tant que collectivité territoriale.

Code commune

Le « code commune » comprend la codification du département suivi de la codification de la commune, à l'intérieur du département[12] (voir liste).

Chaque commune française peut ainsi être identifiée par un code unique à 5 chiffres (dont les deux premiers, pour les communes métropolitaines, ou trois premiers, pour celles d'outre-mer, identifient le département).

Exemple : le code de la commune de Cholet est 49099[13]. Il se décompose ainsi :

Le code à trois chiffres de la commune est celui qui est utilisé notamment dans le numéro de sécurité sociale en France.

Codes attribués par La Poste

Bien que mieux connu du public que le code officiel, le code postal ne fait pas partie du Code officiel géographique.

La Poste a codifié les communes de façon complètement séparée de la codification officielle. Les codes postaux ne sont à l'origine attribués que pour les bureaux distributeurs, or plusieurs communes peuvent être desservies par le même bureau postal, et partager le même code postal. De même, certaines communes ont plusieurs codes postaux car elles ont plusieurs bureaux desservant des quartiers différents. De plus, lorsqu'une commune est desservie par un bureau de poste du département voisin, elle a un code postal correspondant à ce département.

Non seulement le code postal et le code officiel géographique sont distincts, mais de plus la codification interne de La Poste comprend également des « codes commune » pour des communes fictives, par exemple 78900 Velizy Villacoublay AIR pour son bureau de poste implanté dans la base aérienne 107, code postal 78129[14]. De plus, ce code postal a été anonymisé en 78129 CEDEX au lieu du 00846 ARMEES préconisé en 1990[15]. La codification interne de La Poste divise parfois un bureau en plusieurs secteurs partageant le même code postal, par exemple au sein du code postal 01310, il est distingué le lieu-dit Corgenon, « code commune » interne à la Poste 01503. Bien sûr, ce lieu-dit n'étant pas une commune à part entière, il a le code officiel géographique de la commune Buellas, 01065.

De surcroît, il existe certaines curiosités qui font que le département indiqué par le code postal ne correspond pas au département indiqué par le code officiel géographique. Exemples : la commune de Paray-Vieille-Poste a pour code postal 91550 et 94390 mais a pour code officiel INSEE 91479. Enfin il existe des codes qui ne sont pas utilisés par La Poste, mais par d'autres services postaux, publics ou privés, depuis l'ouverture des services postaux à la concurrence. Pareillement, certaines sociétés disposent de leur propre codification destinée à optimiser les routages dans leur propre réseau de distribution.

Code arrondissement

Le « code arrondissement »[12] contient un chiffre (à partir de 1).

Chaque arrondissement français peut ainsi être identifié par un code unique à 3 (pour la métropole) ou 4 (pour l'outre-mer) chiffres, dont respectivement les deux ou trois premiers identifient le département[Note 3].

Code canton

Le « code canton »[12] contient deux chiffres (à partir de 01).

Chaque canton français peut ainsi être identifié par un code unique à 4 (pour la métropole) ou 5 (pour l'outre-mer) chiffres, dont respectivement les deux ou trois premiers identifient le département.

Pays et territoires étrangers

Le Code officiel géographique attribue aux pays et territoires étrangers un code commençant par le préfixe 99, suivi de trois chiffres identifiant le pays ou territoire[16]. Les codes sont classés par continent :

Pour les personnes nées à l'étranger et identifiées par un numéro de sécurité sociale en France, l'identifiant du pays de naissance remplace le code de la commune de naissance. Alors qu'une personne née dans le 1er arrondissement de Paris aura un numéro de sécurité sociale incluant 75101, celui d'une personne née en Écosse (Royaume-Uni) inclura 99132. En conséquence et pour éviter les confusions, les codes de pays et territoires étrangers dits disparus ne sont pas recyclés, par exemple 99232 pour les anciennes colonies portugaises en Asie, Goa et Macao, respectivement annexée par l'Inde et rétrocédée à la Chine.

Le code pays et territoires étrangers est laissé à l'abandon depuis le début des années 2000, c'est pourquoi à l'exception du numéro de sécurité sociale, les instituts de statistiques utilisent le code NUTS d'Eurostats, par exemple UK pour le Royaume-Uni, UKM pour l'Écosse. Cependant ce dernier code lui-même est sujet à critiques, lacunes et doublons, et le code ISO 3166 est préféré par les agences de l'ONU, par exemple GB pour le Royaume-Uni, GB-SCT pour l'Écosse.

Nomenclature


Départements français

Collectivités d’outre-mer placées sous le régime de l’identité législative (97)

Cette définition reprend la nomenclature de l’Annexe 2A du Code officiel géographique (COG) en 2008.

Départements et régions d’outre-mer au titre de l’article 73 de la Constitution

Collectivités d’outre-mer au titre de l’article 74 de la Constitution

Collectivités d’outre-mer placées sous le régime de l’exception législative (98)

Cette définition reprend la nomenclature de l’Annexe 2 B du Code officiel géographique (COG) en 2008.

Collectivités d’outre-mer non dotées du statut de collectivité territoriale (non habitées de façon permanente), régies par la loi de 1955 amendée en

Collectivités d’outre-mer sui generis à statut de collectivité territoriale au titre de l’article 75 du Chapitre XII de la Constitution

Collectivités d’outre-mer à statut de collectivité territoriale transitoire au titre des articles 76 et 77 du Chapitre XIII de la Constitution

Équivalents étrangers


Le Code officiel géographique, dans ses versions complètes ou simplifiées, est comparable :

Notes et références


Notes

  1. Le Pas-de-Calais, département possédant le plus grand nombre de communes, en comporte 895.
  2. Ces codes de régions ont été créés bien après les autres codes, en 1982, les régions elles-mêmes, en tant que collectivités territoriales, n'ayant été créées que cette année-là. Voir à ce sujet « Les bizarreries du code des régions », en page 60 de « Le Code officiel géographique  », in Courrier des statistiques n°108, décembre 2003, p. 53-62, Gérard Lang, Insee.
  3. Il ne faut pas confondre l'arrondissement, subdivision du département, avec l'arrondissement municipal, partition des trois plus grandes villes françaises (Paris, Marseille, Lyon).

Références

  1. « Code Officiel Géographique » , sur insee.fr le site de l'Insee, (consulté le 3 février 2021).
  2. « Code officiel géographique au 1er janvier 2020 - Téléchargement des fichiers » , sur insee.fr le site de l'Insee, (consulté le 3 février 2021).
  3. a b c d e f g et h Gérard Lang, « Le Code officiel géographique in Courrier des statistiques de l'Insee, no 108, p. 53-62 » , sur epsilon.insee.fr , (consulté le 3 février 2021).
  4. Décret no 46-1432 du .
  5. Jean-Michel Charpin, Arrêté du 28 novembre 2003 relatif au code officiel géographique., Paris, (lire en ligne )
  6. « Open Data : le service public de la donnée ouvre ses portes », Silicon,‎ (lire en ligne , consulté le 17 mai 2017)
  7. LOI n° 2016-1321 du 7 octobre 2016 pour une République numérique, (lire en ligne )
  8. Décret n° 2017-331 du 14 mars 2017 relatif au service public de mise à disposition des données de référence, (lire en ligne )
  9. « Service Public de la Donnée - Data.gouv.fr » , sur www.data.gouv.fr (consulté le 17 mai 2017)
  10. Gérard Lang, « Le code officiel géographique (COG), avant, pendant et autour » [PDF], sur christophe-terrier.fr,
  11. Le code département 96 reste disponible pour un éventuel nouveau département métropolitain. Ce code était attribué jusqu'en 1956 au protectorat français de Tunisie.
  12. a b et c « Insee - COG - Documentation » (Archive Wikiwix Archive.is Google • Que faire ?), sur site de l'Insee (consulté le 8 décembre 2009).
  13. « Résultats de la recherche » , sur site de l'Insee (consulté le 26 septembre 2014).
  14. « Code postal Vzlizy-Villacoublay-Air » , sur codes-postaux.net (consulté le 29 septembre 2018)
  15. « La création d'un code postal pour la poste aux armées » , sur La poste aux armées, (consulté le 29 septembre 2018)
  16. « Insee - COG - Pays et territoires étrangers » , sur site de l'Insee (consulté le 8 décembre 2009).
  17. AGS, Site officiel (format ASC/dBASe) .
  18. Istat, Site officiel .
  19. INE, Site officiel , format csv.
  20. DGSIE, Site officiel .
  21. Autorité statistique hellénique, Site officiel .
  22. Office fédéral de la statistique, Site officiel .

Voir aussi


Bibliographie

Articles connexes

Liens externes








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Information à partir de: 30.04.2021 10:41:31 CEST

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