Keny Arkana


Keny Arkana
Keny Arkana, lors du Hip Hop al parque, en 2012.
Informations générales
Naissance (38 ans)
Boulogne-Billancourt, France[1]
Activité principale Chanteuse, rappeuse
Genre musical Hip-hop français, rap politique
Instruments Voix
Années actives Depuis 1996
Labels Because Music
Site officiel www.keny-arkana.com

Keny Arkana[2]Écouter, née le à Boulogne-Billancourt, est une rappeuse française, d'origine argentine ayant grandi à Marseille. Militante altermondialiste, elle fait partie du collectif La Rage du peuple créé en 2004 dans le quartier de Noailles à Marseille.

Sommaire

Biographie


Enfance et débuts

Keny Arkana est née le . Elle grandit à Marseille[3] et vit une enfance tumultueuse, faite de nombreuses fugues. « Ses esquives se multiplient, ses bêtises aussi, à tel point qu’un juge pour enfants décide de la placer en foyer. Elle a 11 ans[4],[5]. » Ces événements sont évoqués dans les chansons J'viens d'l'incendie, Je me barre, Eh connard, et L'Odyssée d'une incomprise.

Keny Arkana commence à rapper ses premiers textes à l'âge de douze ans[6]. En 1996, elle commence à se produire devant ses camarades de foyer[6]. Elle se fait connaître dans l'underground, à la Friche de la Belle de Mai. Deux collectifs auxquels elle appartient successivement se forment : Mars Patrie et État-Major.

État Major, initialement composé de 13 personnes (huit MCs, deux DJs et trois danseurs) est un tremplin pour Keny Arkana. Un premier maxi vinyle paraît en 2003, porté par une formation État Major alors composée de Kao Domb’s, Chakra Alpha et DJ Truk. Ce groupe lui permet de se faire connaître du public marseillais. Elle participe à de nombreux concerts, mixtapes et émissions de radio, d'abord sous le nom de Keny, avant d'y apposer le nom d'Arkana, personnage de la série d'animation Les Mondes Engloutis[7].

Entre ciment et belle étoile (2006-2010)

Après de nombreux titres et apparitions, Keny Arkana écrit son premier album. L'album, produit par Enterprise, Karl Colson, et Kilomaître, est publié en sous le titre de Entre ciment et belle étoile, chez Because Music. Cet album retrace ses nombreux combats, notamment celui contre la globalisation capitaliste et contre l'oppression de l'État et du racisme institutionnel, mais aussi les moments difficiles de son enfance. Dans Eh connard, elle s'en prend au directeur d'un foyer qui considérait qu'elle n'avait pas d'avenir. Elle rend aussi un hommage à l'Argentine dont son père est originaire[5] sur le titre Victoria (avec des paroles en espagnol de Claudio Ernesto Gonzalez) et « distille des touches d'espoir et de conscience » [8].

Au printemps 2007, Keny Arkana annule ses concerts en raison d'une organisation défaillante (« les gens honnêtes ne sont pas très compétents, et les gens compétents pas très honnêtes »[9]) en lançant un « appel aux sans-voix » afin de construire un autre monde pour la jeunesse[10]. Durant l'été, elle participe à plusieurs festivals (Vieilles Charrues, Dour, Quartiers d'été…) et fait à l'automne une tournée française s'arrêtant notamment à l'Olympia de Paris. Le elle se produit en pleine rue dans le quartier populaire Les Pâquis à Genève en Suisse[11]. Ce concert sauvage tenu sur un carrefour, au plein milieu de la rue, est en soutien à l'intersquat de Genève (en réponse à l'évacuation par la force de la quasi-totalité des squats genevois)[12]. En sa première street-tape l'Esquisse vendu à plus de 60 000 exemplaires[9] est rééditée[13].

En , alors qu'elle poursuit sa tournée nationale « La tête dans la lutte », Keny Arkana interprète au Prix Constantin 2007 Nettoyage au Kärcher. Selon l'Express, « Keny Arkana lance les hostilités. La rappeuse déboule tel un pitbull : « Elle est où la plus grande racaille ? À l'Élysée ! ». Ses partenaires sortent des Kärcher et font mine de nettoyer un acolyte affublé d’un masque de Nicolas Sarkozy. On cherche en vain du regard la ministre de la Culture, on découvrira le lendemain, dans les colonnes du Parisien, qu’il fut conseillé à la ministre Christine Albanel de s’installer dans la salle après la prestation de Keny Arkana »[14]. Des militants du Front national détournent ce morceau. Ils en font « un clip à la gloire du parti d'extrême droite » lors de la campagne électorale de 2007[15]. Keny Arkana considère « [qu']ils enlèvent tout le couplet sur Le Pen. Ils prennent des images de La rage, qu'ils coupent avec leurs images à eux de nazis, et ils font une espèce de clip de propagande pro-Le Pen[15]. » Lors de la même année, Keny Arkana donne un concert « sauvage » à Genève avec le collectif l'Appel aux sans voix, dont elle fait partie, dans le cadre d'une tournée en France dans les endroits oubliés, pour soutenir les gens qui luttent et tisser des liens avec des personnes qui n'ont pas l'habitude de prendre parole[12].

Également en 2007, Arkana produit un documentaire d'une soixantaine de minutes intitulé Un autre monde possible. Dans ce documentaire, elle récolte le témoignage de plusieurs personnes qui viennent des quatre coins du monde[16].

En 2008, Keny Arkana fait la première partie de plusieurs concerts de Manu Chao et se produit dans de nombreux festivals comme les Eurockéennes. Elle lance son nouvel album « Désobéissance » où elle fustige l'établissement d'un Nouvel ordre mondial (« Nouvel Ordre officieux, terrorisme officiel ! ») contre lequel elle appelle à la « désobéissance civile »[17]. Elle dénonce l'usage des organismes génétiquement modifiés, les problématiques environnementales majeures telles que la surexploitation des milieux naturels par l'Homme, la pollution de l'air, des mers, des rivières et des sols, la crise de la biodiversité et l'extinction de masse des espèces animales, la déforestation, le brevetage du vivant et notamment d'espèces végétales par de grandes multinationales américaines ; la globalisation de la surveillance électronique (parmi les images illustrant la pochette de l'album se trouve notamment le bras d'un bébé sur lequel est tatoué un code-barres et le sigle RFID) et plus généralement la guerre économique orchestrée par les puissants de ce monde.

L'album s'achève sur une prise de conscience sombre et cependant teintée d'espoir et de solidarité (Cinquième soleil), adressée à la « dernière génération à pouvoir tout changer ».

Tout tourne autour du soleil (2011-2015)

Le , son manager annonce sur Facebook que Keny Arkana est « est en train de terminer la mixtape L'Esquisse 2, prévu pour le printemps 2011 »[18]. Le sort le clip V pour Vérités, qui totalise près de 200 000 vues sur Youtube, une semaine après publication[19] (il a aujourd'hui dépassé les 9 000 000 vues), le jour même Keny Arkana annonce que son album L'Esquisse 2 sortira le . Le elle sort un nouveau clip intitulé Marseille en featuring avec RPZ et Kalash l'Afro. Le sort donc son quatrième album (deuxième mixtape) L'Esquisse 2.

Le deuxième album studio s'intitule Tout tourne autour du soleil et est publié le [5]. Le sort Vie d'artiste, le premier extrait, Gens Pressés le second extrait, sort le .

État d'urgence et L'Esquisse 3 (2016-2020)

Le , Keny Arkana sort un nouvel EP intitulé État d'urgence, distribué à prix libre au format numérique[20]. Cet EP est un album écrit à la suite des attentats du 13 novembre 2015 en France[21].

Keny sort sa mixtape L'Esquisse 3, le . En suit une tournée des festivals durant l'été 2017.

Exode (depuis 2020)

Après un long silence, Keny Arkana fait son retour en 2020 avec une apparition dans l'album 13'Organisé, album réunissant une cinquantaine de rappeurs de Marseille sous l'égide de Jul. Elle est la seule femme présente sur cet album[22].

Elle annonce son retour en et son troisième album, Exode, déjà prévu à la sortie de son dernier projet L'Esquisse 3, trois ans plus tôt. Pour préparer la sortie de ce prochain album elle sort dès la fin de l'année 2020 un premier morceau J'sais pas faire autrement[23],[24] et le 1er janvier 2021, un deuxième, intitulé Viens mon frère[25]. Ces deux nouvelles chansons sont les premiers extraits de ce qui semble être la mixtape "Avant l'Exode" qui annonce la sortie du prochain projet.

Influences et militantisme


En solo depuis 2003, Keny Arkana publie son premier maxi vinyle en 2004, Le Missile est lancé. Début , elle apparaît sur la compilation Om All Stars, aux côtés d'artistes et groupes marseillais tels que IAM ou Psy4 De La Rime. Elle y interprète Les Murs de ma ville, où elle rend hommage à sa ville. Elle fonde par ailleurs avec son manager LTK sa propre structure de production nommée La Callita avant de signer un contrat en 2006 chez Because Music. Elle réalise en solo la street-tape CD intitulée L'Esquisse[26].

Keny Arkana retranscrit, à travers ses écrits, son mal de vivre, et aussi sa vision du monde (la rabia del pueblo, « la rage du peuple »), ce qui lui vaut d'être assimilée aux mouvances altermondialiste, anticapitaliste, anarchiste, révolutionnaire et anticolonialiste du rap français[27],[28]. Elle refusera cependant toute étiquette politique, se décrivant comme « impossible à encarter ».

Keny Arkana privilégie le militantisme, se définissant non comme une rappeuse, mais comme une contestataire qui fait du rap[29]. Elle participe en 2004 à la fondation du collectif La Rage du Peuple, qui milite pour « une colère positive, fédératrice, porteuse d'espoir et de changement. » Elle intervient ainsi dans de nombreux forums altermondialistes en Afrique et en Amérique du Sud et en tire un documentaire vidéo intitulé Un autre monde est possible (2006) tourné au fil de ses pérégrinations au Brésil, au Mali, au Mexique et en France[30].

En 2007, le sociologue Philippe Corcuff rapproche alors ses textes altermondialistes du langage néo-zapatiste du sous-commandant Marcos au Mexique[31] et de la mélancolie radicale du philosophe allemand Walter Benjamin[32].

En , elle se produit à la fête du travailleur alpin à Fontaine, en Isère. Le , elle se produit au festival en Othe à Aix en Othe, dans l'Aube. Le elle se produit au festival El Clandestino à Saint-Laurent, dans la Creuse devant 20 000 personnes[33], puis le au festival Paléo à Nyon[34].

Keny Arkana a également donné des concerts à la ZAD de Notre-Dame-des-Landes ainsi qu'à celle du Testet.

Discographie


Albums studio

Mixtapes et EP

Apparitions audio

Apparitions vidéos

Notes et références


  1. Keny Arkana, le rap toujours conscient d’une fille du soleil , L'Humanité 23 novembre 2012.
  2. « Tribunal de grande instance de Paris, 25 juin 2009, 09/01817, Keny ARKANA c/ Front National » , sur Doctrine.fr (consulté le 19 janvier 2017)
  3. « Keny Arkana - Portrait » , sur Libération.fr, (consulté le 13 avril 2016).
  4. « La rappeuse Keny Arkana veut toujours faire la révolution » , sur Rue89, (consulté le 13 avril 2016).
  5. a b et c « Indomptable Keny Arkana » , sur Le Monde, (consulté le 13 avril 2016), Je n'avais pas dix ans quand j'ai fait ma première fugue. Je disparaissais. J'ai été placée en foyer….
  6. a et b « Keny Arkana, le missile est lancé » , sur RFI Musique, (consulté le 13 avril 2016).
  7. « Le choc Keny Arkana » , sur Le Parisien, (consulté le 13 avril 2016).
  8. « Press Book Prix Constantin & Site officiel » [archive du ] (consulté le 13 avril 2016).
  9. a et b Pamsiste, « Interview « Keny Arkana l'étoile militante »site=lehiphop.com » [archive du ] (consulté le 13 avril 2016).
  10. Léna Mauger, « Keny Arkana L'alter rappeuse] » , sur Le Nouvel Observateur, (consulté le 13 avril 2016).
  11. « Keny Arkana à Genève » , sur Indymédia, (consulté le 13 avril 2016).
  12. a et b « Entretien de Keny Arkana » , sur Courrier (quotidien de Genève), (consulté le 13 avril 2016).
  13. « Réédition de l'Esquisse de Keny Arkana » , sur 2K Music, (consulté le 13 avril 2016).
  14. « Daphné, lauréate du prix Constantin 2007 » , sur L'Express, (consulté le 13 avril 2016).
  15. a et b Valnet 2013, Keny, p. 178
  16. « Un Autre Monde Possible (Keny Arkana) » , sur dpstream.net (consulté le 13 avril 2016).
  17. (texte Réveillez-vous)
  18. Annonce sur la page Facebook
  19. Le clip sur la chaîne Youtube de Keny Arkana
  20. sur le site etat-durgence.com  ; Keny Arkana décrète l'État d'urgence ! sur Booska-P, 27 mai 2016 (consulté le 8 juin 2016).
  21. « Keny Arkana : « Sans un effort de bienveillance, la guerre civile nous attend » », Reporterre, le quotidien de l 'écologie,‎ (lire en ligne , consulté le 29 janvier 2017)
  22. Mathilde Ceilles, « « Nous, les rappeuses marseillaises, on est carrément transparentes » » , sur 20 Minutes, (consulté le 4 décembre 2020).
  23. « Keny Arkana annonce la date de son retour » , sur Mouv', (consulté le 4 décembre 2020).
  24. « Keny Arkana annonce son grand retour avec J'sais pas faire autrement » , sur Clique, (consulté le 4 décembre 2020).
  25. (en) Booska-p, « Keny Arkana poursuit son retour avec « Viens mon frère » [VIDEOCLIP] » , sur www.booska-p.com (consulté le 2 janvier 2021)
  26. Biographie du site officiel
  27. Interview audio de Keny Arkana donné à Indymedia Liège avant son concert d'hommage à Thomas Sankara à Liège le 13 octobre 2007
  28. retranscription de l’interview Hacktivismes (mp3)
  29. Interview (mp3) en trois parties et bibliographie sur www.nuesblog.com
  30. Un autre monde est possible, documentaire vidéo tourné au Brésil, Mali, Mexique, France
  31. «Le rap altermondialiste de Keny Arkana : un combat collectif, personnel et spirituel » par Philippe Corcuff, (Politis, no 944, semaine du 22 au 28 mars 2007).
  32. «Keny Arkana ou la radicalité mélancolique » par Philippe Corcuff, (Politis, no 994, semaine du 20 au 26 mars 2008).
  33. « Autour de 20000 festivaliers à El Clandestino à l'aérodrome de Guéret-Saint-Laurent », France Bleu,‎ (lire en ligne , consulté le 17 juillet 2017)
  34. Keny Arkana en concert au Paléo Festival Nyon le 23 juillet 2017.

Voir aussi


Article connexe

Bibliographie

Liens externes

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Information à partir de: 15.06.2021 09:04:47 CEST

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