Louis de France (1775-1844) - fr.LinkFang.org

Louis de France (1775-1844)


Louis de France
Louis-Antoine d'Artois, duc d'Angoulême Henri-Pierre Danloux Château de Versailles, vers 1796
Nom revendiqué Louis XIX
Prédécesseur Charles X
Successeur Henri, comte de Chambord
Prédécesseur Louis XVII (indirectement)
Successeur Disparition du titre
Biographie
Titulature Duc d’Angoulême (1775-1824)
Dauphin de France (1824-1830)
Comte de Marnes (1830-1844)
Dynastie Maison de Bourbon
Nom de naissance Louis Antoine d’Artois, duc d’Angoulême
Naissance
Versailles (France)
Décès (à 68 ans)
Goritz (Autriche)
Père Charles X
Mère Marie-Thérèse de Savoie
Conjoint Marie-Thérèse de France

Louis-Antoine d’Artois, né le à Versailles, en France, et mort à Goritz, en Autriche le , petit-fils de France et duc d’Angoulême (1775-1824), puis Louis-Antoine de France, dauphin de France (1824-1830) puis comte de Marnes (1830-1844), puis en 1836 Louis de France, est un prince de la maison royale de France, fils de Charles-Philippe de France, ce dernier étant comte d'Artois et le futur roi Charles X, et de Marie-Thérèse de Savoie.

Lors des événements de la révolution de Juillet (1830), peu après l’abdication de son père Charles X, il renonce lui-même à ses droits en faveur de son neveu Henri d'Artois. Il s’exile ensuite avec le titre de courtoisie de comte de Marnes. À la mort de son père (1836) jusqu'à son propre décès (1844), il devient l’aîné des Capétiens et le chef de la maison de Bourbon, prétendant à la Couronne de France et reconnu comme roi par les légitimistes sous le nom de Louis XIX.

Parmi les distinctions militaires qui lui ont été données, le duc d’Angoulême était notamment colonel général des cuirassiers et dragons, grand-amiral de France et généralissime de l’armée d'Espagne.

Sommaire

Biographie


Jeunesse

Né le à Versailles, il est le fils aîné de Charles-Philippe de France, comte d’Artois (futur Charles X) (1757-1836) et de son épouse Marie-Thérèse de Sardaigne (1756-1805), de la maison de Savoie. Il est titré à sa naissance duc d’Angoulême par le roi Louis XVI. Il est ondoyé le jour de sa naissance à Versailles par Joseph de Cheylus, évêque de Cahors, en présence de Louis XVI et de Marie-Antoinette ainsi que du futur Louis XVIII et de son épouse Marie-Joséphine de Savoie[1].

Louis Antoine d'Artois est baptisé tardivement, le , le même jour que son frère Charles-Ferdinand d'Artois, dans la Chapelle du château de Versailles par Jean Armand de Roquelaure, évêque de Senlis. Son parrain est le roi Louis XVI et sa marraine est la reine Marie-Antoinette[2].

Il est le dernier prieur en titre de la Maison du Temple.

Il émigre le avec son père, et rejoint l’armée de Condé en 1792 financée pour grande part par le gouvernement britannique.

Premier Empire, Première et Seconde Restaurations

Pendant l'Empire, les communications entre le continent et l'Angleterre étant coupées, son oncle Louis XVIII charge Mgr de La Fare, évêque de Nancy, de lui verser, ainsi qu'à son frère Charles Ferdinand d'Artois, le duc de Berry, des sommes importantes versées depuis des maisons de banque de Vienne pour l'entretien de sa Maison, pour les pensions de l'armée des princes et pour assurer la subsistance de ses compatriotes. Pour les mois de mars et d' le versement fut ainsi de 18 676 livres tournois (soit l'équivalent de 1 634 150 euros).

Le duc d'Angoulême combat en Espagne aux côtés de Wellington en 1814. Il rentre en France à la Restauration.

En , il est en voyage officiel à Bordeaux quand il apprend le débarquement de Napoléon à Golfe Juan. Il lève dans le Midi une petite armée, remporte quelques succès locaux. Toutefois il échoue et se voit contraint de licencier sa division et d'envisager d'émigrer. Le dès le début des Cent-Jours, il réclame, à Donzère, l'exécution de la convention de La Palud à Grouchy, qui en réfère à Napoléon. Sur l'ordre exprès de ce dernier, le général Radet arrête le duc et l'envoie à Sète pour lui permettre de s'exiler.

La commune de Villeneuve-lès-Maguelonne change de nom pour Villeneuve-Angoulême en son honneur (1816).

En 1823 il conduit la victorieuse expédition d'Espagne, qui gagne la bataille du fort du Trocadéro, s'empare de Cadix et restaure, en monarque absolu, Ferdinand VII d'Espagne.

À l'avènement de son père Charles X en 1824 il devient dauphin de France.

Abdication de Charles X et renonciation du dauphin

À la suite des émeutes parisiennes dites des « Trois Glorieuses », Charles X abdique le en faveur de son petit-fils Henri d'Artois (1820-1883), abdication contresignée par Louis-Antoine de France qui déclare renoncer à ses droits en faveur de son neveu[N 1]. Cette abdication, contraire aux lois fondamentales du royaume, est de toute façon sans effet, car Louis Philippe d’Orléans se fait proclamer roi des Français par les chambres le , et la famille royale part en exil le . Le prince Louis-Antoine prend alors le titre de comte de Marnes.

Entre le moment où Charles X a signé l'acte d'abdication et le moment où, sur l'ordre[N 2] du roi, Louis-Antoine a contresigné le document pour renoncer à ses droits en faveur de son neveu, s'écoula un laps de temps pendant lequel il aurait pu être « Louis-Antoine Ier », si l'abdication avait été faite en sa faveur[N 3], et si les chambres l'avaient ensuite reconnu et proclamé roi. Cependant, si l'on s'en tient au principe d’indisponibilité de la couronne des lois fondamentales du royaume, l'abdication étant impossible, celle de Charles X est donc nulle : « Louis XIX » n'aurait donc pas pu être reconnu roi par les légitimistes avant la mort de Charles X en 1836. À cette date, il devint le nouveau prétendant au trône pour le mouvement légitimiste — à l'exception de la faction henriquinquiste, qui soutenait le duc de Bordeaux depuis que Charles X avait abdiqué en sa faveur.

En droit constitutionnel, Louis-Antoine n'ayant pas abdiqué en tant que roi mais seulement renoncé à ses droits en tant que dauphin, et n'ayant pas été reconnu ni proclamé roi par les chambres, ni par le lieutenant-général nommé par les députés, il n'y a jamais eu de « roi Louis XIX » (malgré les affirmations de certains en ce sens[3]).

Second exil et dernières années

À la mort de son père à Göritz (Autriche) le , Louis-Antoine de France devient l’aîné des descendants de la famille royale selon la tradition de primogéniture mâle. La plupart des légitimistes le reconnaissent alors comme roi de France et de Navarre sous le nom de « Louis XIX », contre Louis-Philippe d'Orléans (les henriquinquistes lui préférant son neveu « Henri V », en vertu de l'acte d'abdication).

À sa mort en exil à Göritz le , son neveu, le comte de Chambord (1820-1883), succéda comme aîné des Capétiens et chef de la maison de France sous le nom de « Henri V ».

Il est enterré à Nova Gorica, en Slovénie.

Mariage et descendance

Le , il épousa au palais de Mittau (Russie) sa cousine Marie-Thérèse de France, fille de Louis XVI. Le couple n'eut pas d'enfants[N 4].

Titulature


Titulature

Décorations dynastiques françaises

 Royaume de France
Chevalier () puis grand-maître (1836-1844) des ordres du Roi
Grand-croix de l’ordre royal de la Légion d'honneur ()[6]
Grand-croix ()[7] puis grand-maître (1836-1844) de l’ordre royal et militaire de Saint-Louis
Décoration du Lys

Décorations dynastiques étrangères

 Empire d'Autriche
Grand-croix de l'ordre militaire de Marie-Thérèse[8]
 Royaume des Deux-Siciles
Chevalier de l'illustre ordre royal de Saint-Janvier (1824)[9]
Grand-croix de l'ordre de Saint-Ferdinand et du Mérite[9]
Royaume d'Espagne
Chevalier de l'ordre de la Toison d'Or (1814, déchu en 1833[10])[11]
Grand-croix de l'ordre de Charles III[11]
Royaume de Prusse
Chevalier de l'ordre de l'Aigle noir[12]
Empire russe
Chevalier de l'ordre de Saint-André[12]
Grand-croix de l'ordre impérial et militaire de Saint-Georges[12]
Royaume de Sardaigne
Chevalier de l'ordre suprême de la Très Sainte Annonciade (1824)[13]
Royaume de Saxe
Chevalier de l'ordre de la Couronne de Rue[13]

Ascendance

Notes et références


Notes

  1. D’après Blanche-Joséphine Le Bascle d'Argenteuil dans ses Souvenirs, Charles X eut du mal à convaincre son fils de signer. (Maillé 1984, p. 360)
  2. « Monseigneur, Sa Majesté vous demande de signer », dit le baron de Damas au dauphin en lui tendant l'acte d'abdication signé par Charles X, sur lequel le roi a déjà écrit : « Le Dauphin, qui partage mes sentiments, renonce aussi à ses droits en faveur de son neveu. » (Cartron 1996, p. 238)
  3. « Monsieur le dauphin ne pouvait agir dans les trois journées » [27, 28 et 29 juillet] « que comme Louis-Antoine Ier par l'abdication volontaire ou forcée de son père. On n'aurait jamais obtenu l'une du Roi en faveur de son fils et l'autre n'aurait fait de Monsieur le dauphin qu'un factieux qui aurait divisé le parti royaliste, dont la plus grande partie ne l'aurait pas suivi et il n'avait aucune popularité dans Paris. Cependant, je crois que venant rappeler les ordonnances et changer le ministère il aurait pu réussir jusqu'au vendredi matin. » [30 juillet] « On peut comprendre que le rôle qu'a pris M. le duc d'Orléans et qui était le seul possible lui ait répugné contre son père. » (Maillé 1984, p. 356)
  4. Dans sa biographie sur Marie-Thérèse, Madame Royale, André Castelot affirme, p. 146, que le duc était impuissant ; il s'agit plus vraisemblablement d'un cas de stérilité lié à l'extrême consanguinité des époux.

Références

  1. Registre des baptêmes (1775) de l'église Notre-Dame de Versailles, Archives départementales des Yvelines
  2. Registre des baptêmes (1785) de l'église Notre-Dame de Versailles, Archives départementales des Yvelines
  3. Voir par exemple Michel-Bernard Cartron, Louis XIX, celui qui fut roi 20 minutes, Versailles, Via Romana, 2010.
  4. Almanach royal, pour les années M. DCCC. XIV et M. DCCC. XV
  5. Edmond Bonnal de Ganges, Manuel et son temps : étude sur l'opposition parlementaire sous la Restauration, Paris, Édouard Dentu, éditeur, , 512 p. (notice BnF no FRBNF30127474 , lire en ligne ), p. 453.
  6. « Ordre de la Légion d'honneur - Textes officiels antérieurs à 1962 » , sur www.france-phaleristique.com (consulté le 22 avril 2019)
  7. « Ordre royal et militaire de Saint-Louis » , sur www.france-phaleristique.com (consulté le 22 avril 2019)
  8. « Almanach royal... : présenté à Sa Majesté par Testu » , sur Gallica, (consulté le 24 mai 2019)
  9. a et b « Almanach royal... : présenté à Sa Majesté par Testu » , sur Gallica, (consulté le 24 mai 2019)
  10. Il est déchu de sa qualité de chevalier de l'ordre de la Toison d'Or par la régente Marie-Christine de Bourbon-Siciles (1779-1849), régente du royaume d'Espagne au nom de sa fille mineure, Isabelle II. En effet, le comte de Marnes ne reconnaissait pas la modification de l'ordre successoral espagnol et à la suite du décès du roi Ferdinand VII, il reconnut comme roi d'Espagne le frère cadet de celui-ci, l'infant Charles de Bourbon (1788-1855), prétendant au trône sous le nom de Charles V.
  11. a et b « Almanach royal... : présenté à Sa Majesté par Testu » , sur Gallica, (consulté le 24 mai 2019)
  12. a b et c « Almanach royal... : présenté à Sa Majesté par Testu » , sur Gallica, (consulté le 24 mai 2019)
  13. a et b « Almanach royal... : présenté à Sa Majesté par Testu » , sur Gallica, (consulté le 24 mai 2019)

Annexes


Articles connexes

Bibliographie

Liens externes








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Information à partir de: 22.03.2021 05:03:42 CET

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