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Manche (mer)


Manche

Carte de la mer « Manche ».
Géographie humaine
Pays côtiers France
Royaume-Uni
Jersey
Guernesey
Tunnels Tunnel sous la Manche
Géographie physique
Type Mer épicontinentale
Localisation Océan Atlantique
Coordonnées
Subdivisions Baie de Somme, baie de Seine, baie du mont Saint-Michel et baie de Lyme
Superficie 75 000 km2
Longueur 500 km
Largeur
· Maximale 250 km
· Minimale 34 km
Profondeur
· Moyenne 54 m
· Maximale 180 m
Volume 4 050 km3

La Manche (en anglais English Channel, en néerlandais Het Kanaal, en breton Mor Breizh[3], en cornique Mor Bretannek, en gallois Môr Udd, en normand Maunche) est une mer épicontinentale[4] de l'océan Atlantique, située dans le nord-ouest de l'Europe et qui s'étend sur une superficie d'environ 75 000 km2 et sépare la France du Royaume-Uni ; longue d'environ 530 km, large de 176 km à son extrémité ouest, de 41 km à son extrémité est et profonde de 180 m en son point le plus profond[5] avec une valeur moyenne de 54 mètres[6]. La Manche orientale constitue avec sa partie orientale, le pas de Calais, l'une des zones maritimes les plus fréquentées du globe. L'eau de cette zone est, en raison des courants parmi les plus importants au monde, très turbide, tout en restant oxygénée.

Sommaire

Le nom de la Manche


Attestations anciennes[7]

Histoire du nom et étymologie

Le bras de mer qui sépare la Grande-Bretagne de l'Europe continentale aurait été nommé Manche britannique par métaphore avec le nom commun manche qui désigne la pièce de vêtement dans laquelle s'enfile le bras. Bien qu'en 1768, Antoine-Augustin Bruzen de La Martinière répertorie dans son grand dictionnaire géographique, historique, et critique, plus de quinze Manche, l'usage va tout au long des siècles suivants restreindre le mot à la simple dénomination de la Manche britannique, les autres bras de mer étant appelés détroit et canal en fonction de leur taille[20].

Géographie


La Manche appartient au plateau continental du Nord-Ouest de l'Europe. Formant un bassin sédimentaire, les fonds constituent une plaine sédimentaire faiblement incliné vers l'Ouest. Sa couverture mésozoïque et cénozoïque est affectée par d'importantes fractures qui s'ordonnent suivant trois directions principales, N 130° en Manche orientale, N 90° en Manche centrale, N 70° en Manche occidentale où les failles forment un étroit faisceau dénommé accident Aurigny-Ouessant[21].

Formation

L'origine géologique de cette « mer-fleuve » épicontinentale est encore mal comprise. Les données géophysiques récentes acquises grâce aux sondeurs multifaisceaux et aux données de réflexions sismiques de haute résolution ont permis de constituer des relevés de plus en plus détaillés des fonds (par le SHOM en France). On commence à mieux comprendre la nature sédimentaire des fosses, dont la fosse centrale de la Manche, qui pourrait avoir une origine tectonique et/ou avoir été creusée par le « fleuve Manche » durant les dernières phases glaciaires[22].

Deux hypothèses sont avancées pour expliquer la formation de la mer il y a près de 500 000 ans lors d'un optimum glaciaire : l'une met en jeu un processus purement hydraulique avec la formation d’une immense vallée fluviatile par érosion progressive des falaises crayeuses. L'autre suppose l'existence d'un lac proglaciaire créé dans le sud de la Mer du Nord, et qui a commencé à déborder lors de la période interglaciaire qui a suivi, passant au-dessus de la crête rocheuse (entre Douvres et Calais), créant une chute d’eau d’environ 32 kilomètres de long, quelques kilomètres de large et 100 mètres de haut, et se déversant dans la vallée steppique en dessous[23].

Au cap Lizard affleure une série ophiolitique (voir en:Lizard complex), signe d'une suture océanique, d'âge varisque. La Hague, quant à elle, recèle les plus vieilles roches de France[24] (voir cycle icartien).

Limites

D'un point de vue géographique, la Manche n'a pas de limite stricte avec l'Océan mondial. Elle communique avec la mer du Nord par le pas de Calais à l'est et avec la mer Celtique à l'ouest, cette dernière ouvrant directement sur l'océan Atlantique.

L'Organisation Hydrographique Internationale définit les limites de la Manche de la façon suivante[26] :

Les pays qui bordent la Manche sont :

Courantologie et hydrologie

Les courants s'orientent globalement vers l'est en marée montante, et vers l'ouest après la « renverse des courants » à marée descendante, mais le bilan entre les deux mouvements contraires montre toutefois un différentiel en faveur d'un lent mouvement de la masse d'eau vers le nord. Le raz Blanchard est le plus fort courant de marée de la Manche.

Principaux fleuves se jetant dans la Manche : la Veules ; la Canche ; l'Authie ; la Somme ; la Bresle ; la Seine ; la Touques ; la Dives ; l'Orne ; la Vire ; la Douve; la Sée ; la Sélune ; le Couesnon ; la Rance ; le Gouët ; le Trieux ; le Jaudy ; le Léguer ; le Dossen ; la Penzé ; le Tamar, l'Exe ; les tributaires de Poole Harbour et Southampton Water.

Environnement


Plusieurs sujets d'étude préoccupent conjointement les chercheurs, parmi lesquels :

Biodiversité

Dans le cadre d'un projet Interreg IVA et IIIA CHARM, la Manche-Est a fait au début des années 2000 l'objet de cartographies regroupées dans un atlas des habitats de certaines espèces d'intérêt commercial et d'invertébrés (benthiques) caractéristiques d'habitats spécifiques. Cet atlas s'est attaché à aussi cartographier les lieux de vie des poissons selon leur âge, notamment pour les stades jeunes où les poissons sont les plus vulnérables[33]. Les invertébrés qui ont été étudiés ont été :

Plusieurs espèces de poissons (de la larve à l'adulte) et organismes d'intérêt halieutique ont aussi été décrites par leur habitat dans l'atlas :

Énergie

Un câble sous-marin relie la France à la Grande-Bretagne, à savoir IFA 2000. Une autre liaison, IFA-2, est en cours de construction. Une liaison est prévueː FAB Link. Cette dernière liaison tirerait partie de l'énergie marine du Raz Blanchard[34]. Le développement des énergies renouvelables intermittentes et diffuses conduit au renforcement des interconnexions européennes.

Des sites éoliens en mer sont retenus au large du Tréport, de Fécamp, Courseulles-sur-Mer[34], Saint-Vaast-la-Hougue[35] et Saint-Brieuc[34]. Du côté britannique se trouve le parc éolien de Rampion (en).

Déchets

Programmes internationaux

Alors que la France écrivait sa nouvelle stratégie marine et doit notamment définir le « bon état écologique » pour chacune de ses grandes aires marines, plusieurs projets soutenus par l'Union européenne (Programme INTERREG IVA) ont concerné la Manche et l'Arc-Manche, dont :

Utilisation et gestion


Une plate-forme de coopération en matière de gouvernance, Arc Manche, a été mise en place pour faciliter l'analyse des activités et le portage de projets (entre autres, le projet « CAMIS [42]» (Stratégie Maritime Intégrée de l'Espace Manche), piloté par la région Haute-Normandie).

Transport

Par son statut de bras de mer entre l'océan Atlantique et la mer du Nord, la Manche constitue la principale voie maritime entre l'océan Atlantique et l'Europe du Nord. En 2005, presque 20 % du trafic mondial des navires déclarés passe par la Manche. Le cabotage y a diminué, mais pourrait être relancé dans le cadre des « autoroutes maritimes » proposées comme alternative moins polluante au transport routier.

Liaisons maritimes

Des ferrys relient les îles Britanniques à l'Europe continentale depuis le XIXe siècle. Ces liaisons maritimes se font entre l'Angleterre et la France entre les ports suivants :

Liaisons ferroviaires

Depuis le , l'inauguration du tunnel sous la Manche, permet de relier par voie ferroviaire les deux côtés de la Manche, sans interrompre pour autant les liaisons maritimes.

Sécurité maritime

Les courants et la densité du trafic, ainsi que le nombre élevé de navires transportant des produits dangereux font de la partie nord de la Manche une zone où les dangers et risques pour la sécurité maritime et la sécurité civile sont nombreux et importants. Un dispositif de séparation du trafic a été mis en place[43].

Toute la Manche (lieu du Débarquement du , et de la bataille de Normandie) est aussi concernée par les séquelles de guerre, avec des centaines d'épaves de navires et avions datant des deux guerres mondiales et de nombreux dépôts immergés de munitions conventionnelles et chimiques.

Dans le détroit, les courants parmi les plus violents au monde entretiennent un écosystème très particulier, parfois comparé à une gigantesque station d'épuration à lit fluidisé, ne pouvant toutefois absorber les excès de nitrates et phosphates que la mer y reçoit, ni les toxiques non biodégradables.

Bien que non spectaculaire, la biodiversité y est significative et sa productivité bien plus encore. C'est une zone importante de frayères et de nourrissage pour les poissons, mais qui subit les impacts d'une pêche ancienne et intensive, et en particulier du chalutage, en sus des pollutions importantes d'origine terrestre ou marine. C'est aussi un très important couloir de migration pour les oiseaux et certains poissons et mammifères marins.

Pêche

La Manche orientale, bien qu'exploitée par un nombre restreint (et en décroissance) de navires de pêche (chalutiers artisans de pêche côtière, bateaux de petite pêche), produit plus de 80 % des produits déclarés par les pays pêchant dans ce secteur, non sans impact écologique et sur la ressource.

Les principales espèces cibles sont la plie, le merlan, la morue et le rouget barbet qui tend à remonter vers le nord. La culture d'huîtres et de moules y est pratiquée, mais moins intensément qu'en Atlantique. Boulogne-sur-Mer, sur le littoral français, y est le premier port de pêche français en tonnage débarqué, et premier port européen pour le traitement des produits de la mer. C'est par ailleurs une ancienne ville industrielle.

Histoire


Traversées de la Manche


À la nage

Aéronautique

Cinéma

Le film Welcome de Philippe Lioret (2009) raconte les aventures d'un maître-nageur qui décide d'aider un jeune émigrant irakien à atteindre le Royaume-Uni à la nage.

Historique

Notes et références


  1. La Manche Occidentale est, quant à elle, classiquement divisée en quatre secteurs : les Baies Anglaises, la Manche Nord-Occidentale, la Manche Armoricaine, le Golfe Normand-Breton.
  2. Louis Cabioch, « Contribution à la connaissance des peuplements benthiques de la Manche occidentale », Cahiers de biologie marine, t. IX, cahier 5,‎ , p. 493-720 (DOI 10.1002/iroh.19710560107 ).
  3. « Résultats concernant « Manche » » , sur base KerOfis, Office public de la langue bretonne (consulté le 10 avril 2013).
  4. La Manche , Encyclopædia Universalis, La Manche est parfois aussi classée comme mer intracontinentale ; toutefois cette mer est bien connectée à l'océan Atlantique via la mer Celtique ce qui rend sa classification comme mer intracontinentale incertaine
  5. Bathymétrie
  6. Surface, volume et profondeur moyenne des mers et océans
  7. Renaud Morieux, Une mer pour deux royaumes : La Manche, une mer franco-anglaise, Presses universitaires de Rennes, 2008
  8. Vie de Louis le Gros de l’abbé Suger
  9. Guillaume de Newburgh, Histoire des rois d’Angleterre
  10. Geoffroy de Monmouth, Histoire des rois de Bretagne
  11. Sébastien Münster, « Anglia II Nova Tabula ».
  12. Guillaume Postel, La vraye et entière description du royaume de France et ses confins…, 1570
  13. «Théâtre de l’Univers », édition en français publiée à Anvers en 1587 puis réédité en 1598
  14. « carte du Sussex » John Norden (1595)
  15. Shakespeare, Henri VI (1593)
  16. Nicolas Sanson, Description de la France (1639) et « Carte générale du Royaume de France avec tous les pays circomvoisins » (1643)
  17. Cotgrave, Dictionary
  18. Pierre Duval, Description de la France et de ses provinces (1623)
  19. John Renshaw, An Exact Trigonometrical Survey of the British Channel
  20. Voir pages 186 et 187 de Manche, ouvrage collectif publié aux Éditions Bonneton (ISBN 2-8625-3205-3).
  21. Carte géologique de la France et de la marge continentale à 1/1 500 000: notice explicative, éditions du BRGM, , p. 93.
  22. Comptes rendus de l'Académie des sciences. Série 2. Sciences de la terre et des planètes, 1995, vol. 321, no1, p. 39-46 (25 ref.), (ISSN 1251-8050 )
  23. (en) Sanjeev Gupta, Jenny S. Collier, David Garcia-Moreno, Francesca Oggioni, Alain Trentesaux, Kris Vanneste, Marc De Batist, Thierry Camelbeeck, Graeme Potter, Brigitte Van Vliet-Lanoë & John C. R. Arthur, « Two-stage opening of the Dover Strait and the origin of island Britain », Nature Communications, vol. 8, no 15101,‎ (DOI 10.1038/ncomms15101 ).
  24. La Pointe de la Hague: Baie d'Ecalgrain et Anse du Cul Rond sur geologie.discip.ac-caen.fr, site de l'académie de Caen.
  25. « Carte des espaces maritimes de la métropole » [JPG], sur miscellanees01.files.wordpress.com
  26. Organisation Hydrographique Internationale Limites des mers et océans Draft 23 1953
  27. ECOHAM1; ECOlogical North Sea Model, HAMburg, Version 1; Moll, 1998, http://www.ifm.unihamburg. de/~moll. À propos du modèle ECOlogical North Sea Model (Ecoham)
  28. Ainsi, depuis 1998, des poissons comme le dragonnet (Callionymus lyra) et la plie (Limanda limanda) se font plus rares alors que le rouget remonte vers le nord - Auber A., Gohin F., Goascoz N. and Schlaich, I. (2017). Decline of cold-water fish species in the Bay of Somme (English Channel, France) in response to ocean warming. Estuarine, Coastal and Shelf Science, 189: 189-202 DOI: 10.1016/j.ecss.2017.03.010 | résumé
  29. Fortibuoni, T., Aldighieri, F., Giovanardi, O., et al. (2015). Climate impact on Italian fisheries (Mediterranean Sea) . Regional Environmental Change, 15(5): 931–937.
  30. Cheung W.W.L, Watson R & Pauly D (2013) Signature of ocean warming in global fisheries catch . Nature, 497: 365–368
  31. Dewarumez J.-M., Gevaert F., Massé C., Foveau A., Grulois D., 2011. Les espèces marines animales et végétales introduites dans le bassin Artois-Picardie . UMR CNRS 8187 LOG et Agence de l'Eau Artois-Picardie. [PDF], 140 pages.
  32. Letortu, P., Costa, S., Cantat, O., & Planchon, O. (2016). Conditions météo-marines responsables des inondations par la mer en Manche orientale française. La Houille Blanche, (2), 41-46|résumé .
  33. Carpentier, A., Vaz, S., Martin, C. S., Coppin, F., Dauvin, J.- C., Desroy, N., Dewarumez, J.- M., Eastwood, P. D., Ernande, B., Harrop, S., Kemp, Z., Koubbi, P., Leader-Williams, N., Lefèbvre, A., Lemoine, M., Loots, C., Meaden, G. J., Ryan, N., Walkey, M., 2005. Eastern Channel Habitat Atlas for Marine Resource Management (CHARM), Atlas des Habitats des Ressources Marines de la Manche Orientale, INTERREG IIIA, 225 pp. Il est possible de télécharger ce document franco-anglais de 226 pages illustrées (assez lourd)
  34. a b et c « Atlas Transmanche - Espace Manche » , sur Université de Caen.
  35. « OFFICIEL : Le prochain parc éolien normand sera implanté au large du Cotentin ! » , sur actu.fr, .
  36. (en) Overview of Past Dumping at Sea of Chemical Weapons and Munitions in the OSPAR Maritime Area - Rapport OSPAR sur les munitions immergées, version 2005 [PDF] (pour le télécharger en format compressé, cliquer sur ce lien )
  37. Par Erwan BenezetLe 17 août 2019 à 18h00 et Modifié Le 17 Août 2019 À 20h17, « Toujours plus de déchets radioactifs dans la Manche » , sur leparisien.fr, (consulté le 2 mars 2020)
  38. Cross Channel capitalisation project between France and the United Kingdom aiming to promote the effective governance of the Channel ecosystem
  39. "Stratégie Maritime Intégrée pour l'espace Manche: un plan pour l'action" (octobre 2013)
  40. Channel Mor : s’allier pour structurer la filière EMR dans l’Espace Manche , POrtail de l'innovation Bretagne
  41. À Propos de Channel MOR , Channel MOR
  42. [CAMIS (interreg IV) qui souhaite notamment développer des outils pour une gouvernance maritime et un atlas électronique. Voir : Présentation du projet CAMIS
  43. « Atlas Transmanche - Espace Manche » , sur Université de Caen.
  44. http://www.dover.uk.com/channelswimming/records.php
  45. (es) El Mostrador, « Bárbara Hernández se convierte en la primera chilena en cruzar el Canal de la Mancha » , sur El Mostrador, (consulté le 5 août 2020)
  46. (en-GB) « Woman first to swim Channel four times non-stop », BBC News,‎ (lire en ligne , consulté le 12 août 2020)
  47. « Vaylon »
  48. Le 2 juin 1910 dans le ciel : Double vol transmanche
  49. Le 6 septembre 1910 dans le ciel : John Moisant traverse la Manche avec un passager
  50. Le 18 septembre 1928 dans le ciel : Juan de La Cierva s’attaque à la Manche
  51. le Colomban MC-10 l'aurait précédé d'un jour
  52. Alain Ernoult, « On a traversé la Manche en voiture. », Paris-Match,‎ , p. 80-83 (ISSN 0397-1635 , lire en ligne )

Bibliographie

Annexes


Articles connexes

Liens externes

Atlas










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Information à partir de: 24.01.2021 04:00:27 CET

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