Manufacture des tabacs


Les manufactures des tabacs sont en France des manufactures chargées de la fabrication des cigarettes et des cigares, selon un système de monopole d'État mis en place sous Colbert avec la ferme du tabac, qui prend fin au tournant des années 1990, ouvrant à la concurrence, entraînant la fermeture de nombreuses usines et une restructuration importante de ce secteur industriel.

Aujourd'hui, il ne reste plus que quatre sites de production en France, et la plupart des anciennes manufactures appartiennent au patrimoine industriel.

Histoire


Le XVIIIe siècle voit en France l’apparition des premiers établissements de type industriel.

Au siècle précédent, les débuts de l’activité manufacturière française du tabac se déroulèrent d'abord à Morlaix, Dieppe et Paris, après que Colbert établit le « Privilège de fabrication et de vente » sur les produits dérivés du tabac en 1674.

Par la suite, Jean-Jacques Martinet et Jacques III Jules Gabriel, deux ingénieurs des ponts et chaussées, mettent en chantier la manufacture du Havre entre 1726 et 1730. Celle de Dieppe est reconstruite à proximité de la mer entre 1734 et 1738. À Morlaix, le chantier de construction de la manufacture définitive est confié à Jean-François Blondel (1683-1756), architecte de l’Académie royale d’architecture. Au total, neuf manufactures royales composent le parc manufacturier de l’époque. Elles sont régies par la Ferme générale.

Après une courte période durant laquelle Révolution française, dès 1789, abolit le monopole, et un ralentissement des importations durant le blocus continental, Napoléon Ier rétablit celui-ci. Le , il fonde par décret la Régie des tabacs qui engage l’exploitation dans un vaste programme de rénovation reposant sur la refonte complète de l’outil de production et la construction en série d’un nouveau modèle de manufacture à partir d’un plan unique, dit « modèle Rolland », créé par l'ingénieur Eugène Rolland. Ce système est conservé après 1814, et la loi du réglemente la culture du tabac en France permettant de développer un volume de production sensible, contrebalançant le niveau des importations. La Régie du tabac fixe chaque année la quantité de tabac dont elle a besoin pour son approvisionnement, et répartit cette quantité entre les divers départements producteurs. Ce système perdure durant tout le XIXe siècle. En 1840, la production de tabac issue du sol français et traitée par les usines est de 8 350 tonnes[1].

La manufacture du Gros-Caillou (Quartier du Gros-Caillou, Paris) est fermée en 1904, et la construction de la Manufacture des tabacs d'Issy-les-Moulineaux est lancée.

En 1926, Raymond Poincaré décide de réformer le système avec la création de la Société d'exploitation industrielle des tabacs et des allumettes (SEITA) qui dénombre 22 établissements manufacturiers :

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Notes et références


  1. M. Barral, « L’industrie et le monopole des tabacs », dans Revue des Deux Mondes, tome 2, 1843.
  2. Protection et reconversion des manufactures, site perso
  3. La production a été arrêtée en 1988
  4. Le vaste site d'Altadis, du tabac à la douleur
  5. Les friches de la Belle-de-Mai
  6. Nantes. La Seita officialise la fermeture de l'usine - article Ouest-France du 15 avril 2014.
  7. Pantin, la fin de la manufacture des tabacs, vidéo INA
  8. Centre France, « Social - Seita ferme son site de production à Riom : "Un coup de poignard en plein cœur !" », www.lamontagne.fr,‎ (lire en ligne , consulté le 10 février 2018)
  9. Seita, sale coup de Tabac sur l'usine de Tonneins

Voir aussi









Catégories: Manufacture des tabacs | Édifice-type




Information à partir de: 07.12.2020 04:05:27 CET

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