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Morlaix


Morlaix

Vue de la place Allende, le viaduc de Morlaix.

Blason

Logo
Administration
Pays France
Région Bretagne
Département Finistère
(sous-préfecture)
Arrondissement Morlaix
(chef-lieu)
Intercommunalité Morlaix Communauté
(siège)
Maire
Mandat
Jean-Paul Vermot (PS)
2020-2026
Code postal 29600
Code commune 29151
Démographie
Gentilé Morlaisiens
Population
municipale
14 729 hab. (2018 en diminution de 3,5 % par rapport à 2013)
Densité 593 hab./km2
Population
agglomération
25 205 hab. (2017)
Géographie
Coordonnées
Altitude 61 m
Min. 0 m
Max. 104 m
Superficie 24,82 km2
Unité urbaine Morlaix
(ville-centre)
Aire d'attraction Morlaix
(commune-centre)
Élections
Départementales Canton de Morlaix
(bureau centralisateur)
Législatives Quatrième circonscription
Localisation
Liens
Site web ville.morlaix.fr

Morlaix [mɔʁlɛ][Note 1],[1] Écouter est une commune française de Bretagne, située dans le nord-est du département du Finistère.

Elle est une sous-préfecture et par conséquent chef-lieu de l'arrondissement de Morlaix, dont elle est la commune la plus peuplée avec 14 729 habitants en 2018 (14 559 en 2017, alors chiffre le plus bas depuis 1936), ce qui la place au 6e rang départemental (derrière Guipavas), au 20e rang régional et au 658e rang national. Elle est au centre d'une aire urbaine rassemblant 39 651 habitants (2017) et au centre de la communauté d'agglomération Morlaix Communauté.

Située en retrait de la côte nord du Finistère, en fond de ria, cette ville-pont est souvent victime d'inondations car elle est au confluent de deux rivières, le Queffleuth et le Jarlot, qui forment le Dosenn (ou rivière de Morlaix) qui se jette dans la Manche, en baie de Morlaix. Elle fait partie du Trégor et du Léon, les deux étant délimités par le Dosenn. Ils sont séparés même en ville comme en témoignent le quai de Tréguier et le quai du Léon.

La ville est connue notamment pour son viaduc construit au XIXe siècle en plein centre-ville, ce qui lui vaut le surnom de la « Cité du Viaduc ».

Ses habitants sont appelés les Morlaisiens.

Sommaire

Géographie


Localisation

Morlaix se situe dans le nord du département du Finistère, au confluent de deux rivières, le Jarlot et le Queffleuth (autre orthographe : Queffleut), qui forment le Dossen ou rivière de Morlaix. L'estuaire de la rivière de Morlaix, en fait une ria ou aber, séparant le Léon à l'ouest et le Trégor à l'est, s'étend sur 15 kilomètres entre l'écluse et l'embouchure en baie de Morlaix à hauteur de Carantec. Cette voie est navigable uniquement à marée haute, mais, en dépit des contraintes et difficultés de navigation pour accéder au port de Morlaix, elle fut longtemps un atout majeur du développement de la ville.

Communes limitrophes de Morlaix
Locquénolé, Rivière de Morlaix Plouezoc'h Garlan
Saint-Martin-des-Champs Plouigneau
Saint-Martin-des-Champs Plourin-lès-Morlaix Plougonven

Relief et inondations

Le site de Morlaix forme un entonnoir en raison de la confluence des cours d'eau précités et de l'encaissement prononcé de la vallée aux versants en pente très forte : les dénivelés sont importants, allant d'une centaine de mètres pour les lambeaux de plateaux avoisinants jusqu'au niveau de la mer. Ces pentes fortes expliquent les deux ouvrages d'art qui marquent le paysage de la ville : le viaduc ferroviaire, construit dans la seconde moitié du XIXe siècle pour permettre le passage de la ligne ferroviaire Paris-Brest, et celui de la route nationale 12, une voie express, dans la seconde moitié du XXe siècle.

Pour s'adapter aux vallées encaissées de 60 à 80 mètres et qui n'excèdent pas 200 à 300mètres de largeur, l'urbanisation s'est faite, aux XVIIe siècle et XVIIIe siècle, en étages reliés par des escaliers, des rampes et des rues en lacets ; ce n'est que dans la seconde moitié du XXe siècle que l'extension de l'agglomération s'est faite sur les plateaux avoisinants.

En raison de cette situation géographique, Morlaix est périodiquement victime d'importantes inondations (particulièrement en 1880, 1883, 1925, 1974[2], 2000, 2012[3], 2013[4] et 2014[5], probablement aggravées par la couverture de la rivière de Morlaix et du port. La suppression du bocage en amont du bassin versant du fait de la modernisation des pratiques agricoles renforce également le ruissellement vers les cours d'eau et accentue la vitesse de montée des eaux en aval[6].

Le recouvrement progressif de la Rivière de Morlaix

Afin de gagner de la place, la ville de Morlaix a fait le choix de recouvrir la Rivière de Morlaix : en 1728 les premiers travaux créent, devant l'actuel hôtel de ville la place de l'Éperon ; un recouvrement supplémentaire jusqu'à l'église Saint-Mélaine crée l'actuelle place des Otages.

En 1897 le bassin à flot subsistant est encore réduit, ce qui permet la construction de la place Cornic. Enfin en 1961 un nouveau recouvrement entraîne la destruction du pont tournant pour piétons qui datait de 1858 et permet d'édifier la place De Gaulle[7].

Transports

Urbanisme


Typologie

Selon la terminologie définie par l'Insee et le zonage publié en 2020, Morlaix est une commune urbaine[Note 2]. Elle appartient en effet à l'unité urbaine de Morlaix, une agglomération intra-départementale regroupant 4 communes[8] et 25 205 habitants en 2017, dont elle est ville-centre[9],[10].

Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Morlaix, dont elle est la commune-centre[Note 3]. Cette aire, qui regroupe 24 communes, est catégorisée dans les aires de 50 000 à moins de 200 000 habitants[11],[12].

Hameaux, lieux-dits et quartiers

Au nord (-est) du territoire communal, se trouvent le bourg de Ploujean, Suscinio, l'aéroport de Morlaix Ploujean, la Boissière, Coatserho et la Vierge Noire sur le territoire de l'ancienne commune. À l'ouest, à la limite avec Saint-Martin-des-Champs, se trouve le quartier de la gare, du Porsmeur et le quartier Saint Augustin. Enfin, au sud, on retrouve le centre, le quartier Saint-Mathieu et le quartier de l'hôpital (pôle santé), partagé avec Plourin-lès-Morlaix.

Logement

En 2017, le nombre total de logements dans la commune était de 9 808, alors qu'il était de 9 790 en 2012. Parmi ces logements, 79,2 % étaient des résidences principales, 4,1 % des résidences secondaires et 16,7 % des logements vacants. Ces logements étaient pour 45,9 % d'entre eux des maisons individuelles et pour 53,6 % des appartements.[Insee 1].

La proportion des résidences principales, propriétés de leurs occupants était en 2017 de 51,4 %, en hausse sensible par rapport à 2012 (49,1 %). La part de logements HLM loués vides était de 15,5 % en 2017 contre 18,2 % en 2012, leur nombre étant en baisse, 1 204 contre 1 470[Insee 2]. Ainsi, sur l'ensemble des résidences principales (soit 7 772), on observe 8 % de studios, 16 % de deux pièces, 23,9 % de trois pièces, 21,5 % de quatre pièces et 30,6 % de cinq pièces ou plus[Insee 3]. Toujours dans les résidences principales, le nombre moyen de pièces par maison en 2017 était de 4,9 (contre 4,8 en 2012) et était de 2,8 pour les appartements (équivalent par rapport à 2011), ce qui donne une moyenne d'environ 3,8 pièces par résidence principale en 2017 contre 3,7 en 2012[Insee 4].

Risques naturels et technologiques

Risque inondation

La zone inondable comporte 350 logements et une centaine de commerces : 700 habitants sont concernés[13].

Risque tempête

En moyenne on observe chaque année deux à trois tempêtes dépassant les 110 km/h dans le Finistère. La tempête se forme généralement sur l’Océan Atlantique, en automne et en hiver. Elle peut se traduire par des vents forts, des pluies potentiellement importantes, une hausse temporaire du niveau de la marée, des vagues. Morlaix se situant en fond de ria, le phénomène des vagues n’a que peu d’incidence sur la commune, jusqu’à présent. Les pluies abondantes et les surcotes de marée favorisent cependant le risque inondation[13].

Risque de mouvements de terrains

On distingue deux types d'aléas :

Risque sismique, nucléaire, TMD

Ce type de risque n'est pas recensé à Morlaix.

Toponymie


Le nom en breton est Montroulez [mɔ̃nˈtruːles][Note 4]0

L'étymologie du toponyme Morlaix est discutée. Les anciens auteurs se sont plu à faire des jeux de mots à propos de cette étymologie[16] : certains ont voulu lui donner une étymologie celtique, par exemple « mor-lès » ou « mor-laez », « près de la mer » ou « mer de lait ». Le Baron de Wismes donne au XIXe siècle une origine fantaisiste[17], estimant que le nom provient de l'expression « s'ils te mordent, mords-les », ce qui désigne les Anglais et fait référence à l'héroïque résistance de la cité face aux corsaires anglais en 1512 ; cela a été gardé comme devise officielle (à noter d'ailleurs que cette devise est quasiment unique en son genre). Il est plus vraisemblable que Morlaix tire son nom de l'appellation latine de l'implantation romaine Mons Relaxus ; les déformations au cours des siècles (Montereleis en 1217, Montrelez en 1304) seraient à l'origine de ses noms français et breton, notamment via la contraction de l'expression « Mont Relaix » (Montrelais en 1304, Montrelez en 1352, Morloys en 1371, Montrelez en 1381, Morlaix en 1420, Morleix en 1462, Morlais en 1719)[18]. En effet, dans les textes latins, le lieu est attesté sous le nom Mons-relaxus (1128)[19], Montem Relaxum (1154) ou Monte Relaxo (1184), qu'on pourrait interpréter en « mont découpé par des vallées »[20].

Selon Michel Priziac, mais c'est très controversé, le nom Morlaix proviendrait du mot mont et le vieux français releis, (délaissé, abandonné) ; il apparaîtrait alors comme une « colline délaissée » au moment où elle a reçu son nom [21].

Histoire


Protohistoire

Entre le IVe et le IIIe millénaire av. J.-C., les hommes construisirent des cairns comme celui de Barnenez, non loin de Morlaix.

Antiquité

Morlaix fut à l'origine un oppidum gaulois, transformé ensuite en castrum romain, situé sur la colline du "Parc-au-Duc", qui domine la ria du Dossen et est située au sud-ouest du centre de la ville actuelle, dans la partie ouest de la presqu'île de confluence formée par le Jarlot et le Queffleuth. La ville, à l'époque un village fortifié sous le Bas-Empire romain, s'est développée initialement au pied de cet oppidum, au niveau du premier gué permettant de traverser le Queffleuth en remontant depuis la ria, dans un site doc de fond d'estuaire, un passage obligé comme l'atteste le croisement en ce point ds six voies romaines venant de Landerneau, Vorganium (Kerilien en Plounéventer), Saint-Pol-de-Léon, Lannion, Fanum Martis (Corseul) et Vorgium (Carhaix-Plouguer).

Moyen Âge

C'est vers l'an 1000 qu'un seigneur du Léon vient construire un château sur le site actuel de Morlaix, entre les rivières du Queffleuth et du Jarlot. Là, dans la presqu'île de confluence, naît un village à l'abri de la forteresse vivant principalement des activités liées à la pêche. Dès le XIe siècle, des moines venus de trois abbayes, celles de Saint-Mathieu de Fine-Terre, de Saint-Melaine de Rennes et de l'Abbaye de Marmoutier[22], fondent les premiers établissements religieux de la ville, des prieurés, qui ont donné naissance aux trois faubourgs respectifs de Saint-Mathieu (au sud-est, alors sur le territoire de Plourin), de Saint-Melaine (au nord-est, alors sur le territoire de Ploujean) et de Saint-Martin (à l'ouest, alors sur le territoire de Pleyber-Christ)[23],[24].

La ville devient très convoitée entre les seigneurs du Léon et les ducs de Bretagne. En 1179, le duc de Bretagne Geoffroy prononce le rattachement de Morlaix au domaine ducal. Le vicomte du Léon Guyomarch provoque un soulèvement dans la ville et la récupère en 1186. L'année suivante, Henri II Plantagenêt met le siège devant la ville et s'en empare. Le duc Jean Ier le Roux met fin à ces querelles en attribuant une rente de 80 livres par an à Hervé IV de Léon. La ville connaît un premier essor économique au XIIIe siècle, marqué notamment par la construction du couvent des Dominicains en 1236[25] et la fondation par le duc Jean II de la collégiale Notre-Dame du Mur le pour servir de chapelle au château. Le duc Jean Ier le Roux a racheté la ville à Hervé IV de Léon en 1275 contre une rente de 80 livres[24].

La ville, alors fortifiée (mais les murailles étaient d'importance modeste, la défense de la ville reposant essentiellement sur les deux cours d'eau qui l'enserraient et servaient de douves naturelles), possède cinq portes d'accès : les portes de Notre-Dame (au nord), de l’Hospital (au nord-est), de la Prison (au sud-est), de Saint-Mathieu (au sud) et de Bourret (à l'ouest). Intra-muros, la rue principale est un axe orienté du nord-ouest au sud-est allant de la porte Notre-Dame à la porte Saint-Mathieu, dite alors rue des Nobles (actuelle rue du Mur), la seconde rue importante lui étant perpendiculaire, allant de la porte de l'Hospital à la porte du Bourret (rue du Pavé, actuelle rue Carnot). Une chute d'eau aménagée à la jonction des deux cours d'eau alimentait les moulins du Duc[23].

Morlaix est déjà une ville toilière au XIIe siècle : la confrérie de la Sainte-Trinité, qui regroupe les tisserands et marchands toiliers de la ville, est fondée en 1110 dans l'église Saint-Matthieu ; elle est transférée en 1295 dans l'église Notre-Dame-du-Mur[26], construite cette année-là, et jouissait de droits de préséance indiquant la place prépondérante qu'elle détenait dans la ville[27]. La Vierge ouvrante de Notre-Dame-du-Mur[28] fut commandée par cette puissante et riche confrérie au tout début du XVe siècle, qui disposait aussi dans cette église de la chapelle de la Trinité ornée d'un vitrail comportant leurs marques et insignes[29].

Pendant la guerre de Succession de Bretagne, en 1342, s'y déroule la bataille de Morlaix entre troupes françaises et anglaises.

Renaissance

Alors que la duchesse Anne vient d'accéder à la couronne ducale, elle se voit isolée dans sa propre cour, qui en sa grande majorité ne lui accorde pas confiance. Contrairement aux dispositions du traité du Verger signé en août 1488 par son père Louis XI et le duc de Bretagne François II (le père d'Anne, † dès septembre 1488), le roi de France Charles VIII envahit la Bretagne en janvier 1489. Des aides du roi Henri VII d'Angleterre débarquent donc à Morlaix pour aider la duchesse Anne en 1489, et elle se marie par procuration avec Maximilien d'Autriche en décembre 1490 à Rennes (formation d'un axe Angleterre-Habsbourg-Aragon-Castille contre la France). Mais finalement, Anne sera deux fois reine de France en épousant Charles VIII en décembre 1491 puis Louis XII en janvier 1499. Lors d'un tour de Bretagne (qui différerait du Tro Breiz, pèlerinage traditionnel), la duchesse-reine de France Anne s'arrête à Morlaix et descend au couvent des Jacobins à l'été 1505 (sûrement le 4 septembre). La reine Anne fait une entrée solennelle que tous acclament, elle loge au couvent car le château doit être en réparation. Elle y aurait fait célébrer le mariage (ou les fiançailles) de Jean de Laval et de Françoise de Foix-Lautrec, une parente (la mère d'Anne était Marguerite de Foix-Navarre). À l'occasion, on offre à la duchesse une hermine avec un collier de perles. Un mouvement brusque de l'animal effraie la reine. Pierre de Rohan s'adresse à la reine en ses mots : "Que craignez-vous, Madame ? Ce sont vos armes !".

Le roi François Ier, gendre de la duchesse-reine Anne, rendra également visite à la ville le 15 septembre 1518. En 1520, à la suite de l'échec de la rencontre du Camp du Drap d'Or, les relations entre les royaumes de France et d'Angleterre se dégradent et débouchent sur un rapprochement de cette dernière avec l'Espagne de Charles Quint. Ainsi, en 1522, une flotte anglaise attaque Cherbourg puis se dirige vers Morlaix où elle arrive début juillet. Le jour de l'attaque est choisi en fonction de la foire de Guingamp. Ainsi, tous les notables et surtout les soldats sont absents, laissant la ville sans défense. Une flotte de 60 navires, prévenue par un certain Latricle (lieutenant du capitaine de Morlaix), s'approche de la côte et débarque plusieurs centaines d'hommes déguisés en marchands pour ne pas éveiller la curiosité. La nuit venue, ils se dirigent vers la ville où ils ne rencontrent aucune résistance : une partie se dirige vers le château, une autre dans les faubourgs et une troisième reste cachée dans la forêt du Stivel. Dans le même temps, les navires remontent la rivière afin de débarquer directement des hommes dans la ville. Toutefois, ils sont bloqués par des arbres abattus dans le lit de la rivière. Ayant pris la ville, les Anglais se livrent au pillage, incendient les maisons et massacrent les habitants qui n'ont pu fuir. Le lendemain, prévenus par les habitants en fuite, les soldats de Guy XVI de Laval arrivent sur les lieux afin d'en chasser l'ennemi. Ce dernier, ayant découvert des victuailles et de nombreux fûts de vins, avait fêté la victoire toute la nuit et dormait, la plupart des soldats enivrés. Les Français massacrent tous les Anglais qu'ils trouvent, ces derniers offrant peu de résistance du fait des libations de la nuit précédente. À la suite de cet événement, il est décidé la construction du château du Taureau en baie de Morlaix[30] en 1544. La résistance des habitants de Morlaix est rapidement colportée en un héroïque fait d'armes, probablement exagéré par rapport à une réalité vraisemblablement moins sanglante que ce qu'en dit un chroniqueur affirmant que « le sang des envahisseurs jaillissait des fontaines ».

Au début du XVIe siècle, autour de Morlaix, aussi bien en Léon qu'en Trégor, l'essor de la fabrication et de la vente des "crées", toiles de lin fort appréciées, notamment des Anglais, permit aux marchands morlaisiens de bâtir des fortunes colossales et facilita l'essor de la construction d'églises de style Beaumanoir, surtout défini par une façade à tour à court clocher ouvert, accolé d'une tourelle, et par un pignon à chevets multiples. De nombreux édifices religieux sont alors construits : la première pierre de l'église Saint-Melaine est posée en 1489, l'église Saint-Martin[31] est achevée en 1514, la reconstruction de l'église Saint-Mathieu, commencée en 1498, s'achève en 1593 ; l'église du couvent des Cordeliers à Cuburien est achevée en 1530.

Les grands marchands morlaisiens construisirent, dans la Grand Rue, des maisons à pans de bois à façade étroite en raison d'un parcellaire lanièré dû au plan de lotissement établi pour la reconstruction après l'incendie de 1522, « de hautes maisons à pignon sur rue avec une entrée et couloir latéral, une boutique et une arrière-salle en enfilade, puis une cour et, dans l'étroite parcelle, un second logis. Pour faire communiquer le tout, un jeu de passages latéraux dans la cour et un escalier à vis qui les commande dans un angle (...). L'escalier a un noyau central fait d'une seule pièce (10 à 12 mètres) que rythme à chaque niveau des statues de la Vierge ou des saints d'excellente facture (...) ». Une dizaine de maisons à pans de bois possédant ou ayant possédé un escalier à pondalez sont encore recensées de nos jours à Morlaix (elles étaient plus nombreuses à l'époque, beaucoup ayant été détruites par la suite) dont la maison du 9, Grand-Rue (qui sert de musée) et celle dite de la Duchesse-Anne, bâtie vers 1530, sont de beaux exemples de ces maisons dites « à pondalez »[32].

« Du XVe siècle au XVIIe siècle, Morlaix écrit (...) l'une des pages les plus originales de l'histoire patrimoniale européenne en inventant un nouveau concept d'habitat, la maison à pondalez, véritable manoir urbain destiné à accueillir les marchands étrangers venant acheter les toiles locales dénommées "crées". (...) [Ces] maisons (...) [sont] remarquables par leur escalier en bois sculpté, leurs galeries donnant sur un vaste volume ouvert du rez-de-chaussée à la toiture, chauffé par une cheminée monumentale. (...) D'autres constructions originales, comme celles du quartier des Lances [sont] composées d'un alignement de maisons à porches[23]. »

La plupart des marchands de Morlaix constructeurs de ces maisons appartiennent à la noblesse dormante[33], ce qui explique la présence d'écussons vierges, en attente d'être gravés, dans de nombreuses maisons à pondalez. Parmi eux, souvent issus de familles nobles de petite et moyenne extraction, Bernard Le Bihan, Hervé de Portzmoguer, François et Jean du Quélennec[34], Nicolas Coëtanlem, Pierre L'Honoré, Jean de Kergus, etc. Ces maisons servent surtout à recevoir les marchands étrangers, leurs propriétaires préférant habiter dans des manoirs situés dans la campagne proche comme ceux de Kervézec en Garlan (François Rolland), de Coatserho[35] et de Suscinio en Ploujean, de Penanvern en Plourin, de Kervern en Guimaëc, etc.

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Le , pendant la messe à l'église Saint-Melaine, Alain Guézennec, un protestant, « arracha le corps de Jésus-Christ [une hostie] des mains du prêtre, le jeta par terre et le foula aux pieds, pour lequel crime il fut brûlé vif »[36].

Par lettres patentes du roi Charles IX, Morlaix est autorisée à élire un corps de ville avec un maire en 1561. Après avoir débarqué à Roscoff, Marie Stuart fait une entrée triomphale à Morlaix en 1548. Après avoir assisté à un Te Deum en la collégiale Notre-Dame du Mur, Marie Stuart se rend au couvent où elle loge. Le pont-levis qu'elle emprunte s'écroule sous le poids du carrosse et des chevaliers écossais.

Le duc de Mercœur vient en 1583 à Morlaix pour recevoir des bourgeois l'hommage au roi. Après l'assassinat du second duc de Guise, Mercœur se sépare du roi Henri IV, proclame la Sainte Union et s'allie avec le gouverneur de la ville : Alexandre de Kergariou, qui avait été nommé à ce poste par le roi Henri III le [37]. Les ligueurs y règnent en maîtres. Mais la ville ne soutient pas les ligueurs qui se retrouvent obligés de prendre le château à la vue du renfort militaire français. Le maréchal d'Aumont vient alors en 1594 et assiège le château. Il fera porter sur la tour Saint-Matthieu des canons pour attaquer le château. Un membre de la communauté des orfèvres de Morlaix ouvre alors les portes pour faire entrer les soldats, évitant la destruction de la ville[38]. C'est sous Pierre de Boiséon[39], gouverneur de Morlaix au début du XVIIe siècle, que commence la démolition du château ; les remparts, laissés à l'abandon au cours de ce même siècle, disparaissent progressivement et la démolition des portes de la ville est décidée le [40].

Morlaix au Moyen Âge a fait l'objet d'un article de l'historien Jean-Pierre Leguay[41].

Du XVIIe siècle au XVIIIe siècle

Après les guerres de religion, Morlaix profite pleinement de l'apogée du commerce de la toile de lin (les crées du Léon notamment, au XVIIe siècle[42], l'apogée se situant vers 1680 avec une production annuelle d'environ 66 000 pièces, avant de diminuer ensuite[43]. La ville est le principal port d'exportation des toiles de lin de Basse-Bretagne vers l'Angleterre et de nombreux marchands britanniques s'installent sur ses quais[44]. Il exporte aussi du papier produit également dans son arrière-pays et importe principalement du vin ; Charles Colbert de Croissy écrit en 1665 : « Le commerce de lad[ite] ville est assez considérable, et se fait tant des vins qu'ils tirent de Gascogne et autres lieux pour l'usage et la consommation du pays (...), plus le commerce des cuirs qui s'apprestent et se débitent dans le pais, comme aussi le commerce des chevaux, et enfin celluy des toiles qui est le plus considérable »[45]. Mais, en raison des difficultés de navigation sur le Dossen, le trafic a déjà tendance à migrer en direction de ses avant-ports, Saint-Pol-de-Léon et surtout Roscoff[46].

À partir de 1620 environ, les nobles marchands de Morlaix ne construisent plus de maisons à pondalez, mais des maisons en pierre à façade-rideau (une vingtaine subsistent, notamment rue Longue-de-Bourret et place des Otages), ainsi que des hôtels particuliers totalement en pierre comme la maison Pénanault[47] et l'hôtel de François du Parc[48] construit en schiste bleu et granite[23],[24].

Les bourgeois de la ville ne manquaient pas une occasion de s'amuser, comme à l'arrivée le lundi 10 novembre 1624 du duc de Vendôme, fils de Henri IV et de Gabrielle d'Estrées.

En 1675, les bourgeois de Morlaix ont craint d'être attaqués par les paysans de la région de Carhaix pendant la Révolte des Bonnets rouges ou Révolte du papier timbré. La fabrication et commercialisation des toiles de lin atteint un pic vers 1687[49], avant que cette industrie ne décline, notamment du fait que les clients Anglais désertent les quais de la ville lors des guerres de Louis XIV[50].

Morlaix est une ville d'orfèvres ; en 1754, il s'agit de la plus importante communauté d'orfèvres de Bretagne[38]. Jehan Grahant, François Lapous (père puis fils), Guillaume Desboys, Guillaume Floch, Thomas Maillard, Claude Barbe Guillou (veuve) ou Jean-Pierre Le Goff ont été identifiés comme ayant fabriqué des pièces présentes dans le trésor de Saint-Jean-du-Doigt[51],[52] ou du trésor de Locarn[53].

Pendant la première moitié du XVIIIe siècle, Morlaix vit sa prospérité renaître après la guerre de Succession d'Espagne. La longue paix que donna le ministère du cardinal Fleury permit à Morlaix de tisser des liens avec des pays étrangers. Pourtant la misère reste grande pour le peuple. Après la guerre de Sept Ans, le commerce et le travail régnaient à nouveau. Mais le port de Morlaix entre progressivement en décadence : les navires, dont le tonnage augmente, ne peuvent plus remonter la rivière de Morlaic et son arrière-pays est durement touché par la crise de l'industrie des toiles en raison des mesures de rétorsion anglaises à la politique mercantiliste menée alors par la France, inspirée du colbertisme ; de 46 000 pièces en 1742, le nombre d'arrivées de « créées » à Morlaix, destinées à être exportées, passe à 20 500 pièces en 1788, la crise touchant principalement les paroisses toilières les plus éloignées de Morlaix, comme Sizun[54].

En mars 1772, le subdélégué de Morlaix écrit : « Quoique l'expérience ait assez prouvé que dans la maladie qui règne [il s'agit, semble-t-il, de la fièvre typhoïde] l'usage du vin et de l'eau-de-vie donné la mort, ou éloigné la guérison, il n'est presque pas possible d'engager les paysans à s'en abstenir »[55].

Selon Jacques Cambry « sur 50 moulins à papier établis dans le Finistère, il y en avait 45 près de Morlaix ; leurs produits se vendaient avant 1790 (...) en grande partie dans la Hollande et dans le Portugal ; il n'y a pas à présent plus de 25 moulins dans le district ».

Révolution française

Au début de la Révolution française, des Sociétés des amis de la Constitution ou populaires se créent partout. Armand Joseph Dubernad, ancien député du Tiers à Rennes et maire de Morlaix, est le cofondateur du premier club jacobin de Bretagne en 1790 avec Jean-Jacques Bouestard de la Touche. Morlaix devient chef-lieu de district.

Le XIXe siècle

La destruction d'une partie du patrimoine

« Naguère on citait l'église Notre-Dame-du-Mur, à Morlaix, comme l'une des merveilles de la Bretagne. Son clocher avec sa flèche de pierre rivalisant avec celui du Creizker. (...) » a écrit Prosper Mérimée[56]. La nef et le chevet de l'église Notre-Dame-du-Mur, laquelle avait été transformée en temple de la Raison pendant la Révolution française, furent vendus en 1805 afin de servir de carrière de pierres. Les travaux de démolition entraînèrent l'effondrement de la tour du clocher l'année suivante. Les halles en bois, qui dataient initialement du Moyen Âge, même si elles avaient été reconstruites sous le règne de Charles IX, furent démolies en 1865, remplacées par des halles métalliques, elles-mêmes démolies en 1971 et remplacées par un parking (actuelle place Allende)[23].

Pendant la seconde moitié du XIXe siècle, la plupart des maisons à pans de bois de Morlaix sont détruites ; certains éléments de leur patrimoine sont victimes de l'elginisme comme l'escalier à pondalez du 14, Grand-Rue, remonté d'abord dans une boutique de Dinard avant d'être racheté par le Musée d'Art de Saint-Louis, ou celui du 15, Grand-Rue, racheté par un marchand d'art anglais qui en fit don au Victoria and Albert Museum ; la démolition de certaines maisons du patrimoine morlaisien se poursuit pendant la première moitié du XXe siècle, provoquant un véritable « désastre patrimonial »[23],[24].

Dessins représentant Morlaix vers le milieu du XIXe siècle

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Le viaduc de Morlaix voit sa première pierre posée le . Sa construction se finit en 1864. La libération des maisons nécessaires à sa construction entraîne la démolition de la plupart des maisons à pondalez et à porche (maisons sur pilotis et hautes de trois ou quatre étages situées le long du port) du quartier des Lances, les maisons subsistantes étant démolies entre 1880 et 1907, la dernière en 1969[57].

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Les autres faits du XIXe siècle

La Manufacture des tabacs de Morlaix est l'une des plus anciennes de France. Elle existait déjà en 1689.

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L'épidémie de choléra de 1832 fit de nombreuses victimes à Morlaix, dont le maire Gustave Rivoallan ; la ville fut la plus touchée du Finistère avec 70 cas pour 1 000 habitants ; 65 % des victimes furent des femmes[58].

La "Compagnie des paquebots à vapeur du Finistère" est créée en 1839 par Édouard Corbière et quelques amis. Le voyage inaugural du Le Morlaisien, un bateau en bois muni d'une roue à aubes, eut lieu le [59]. Assurant la liaison entre Le Havre et Morlaix et exportant des produits alimentaires, cette compagnie achemina aussi vers Le Havre, Rouen et l'agglomération parisienne de nombreux émigrés Léonards et Trégorrois, à bord du Le Morlaisien, puis du Finistère, et, à partir de 1867 du Morlaix. Édouard Corbière en fut l'un des administrateurs, puis le directeur, jusqu'à sa mort. Cette ligne maritime Morlaix-Le Havre subsista jusqu'en 1907, année de sa fermeture en raison de la concurrence du rail. Charles Le Goffic a décrit la vie difficile des émigrés bretons du Havre sans son roman La Payse[60].

Le pourcentage de conscrits illettrés à Morlaix entre 1858 et 1867 est de 32 %[61].

La troisième compagnie (Morlaix) du 4e bataillon de mobiles du Finistère participa le au combat de l'Haÿ lors du Siège de Paris pendant la Guerre franco-allemande de 1870[62].

Yan Combot, qui avait assassiné le Françoise Jaffré et sa fille Jeannie Tanguy, condamné à mort, sa grâce refusée, est guillotiné à Morlaix, place Saint-Nicolas, en 1893 ; ce fut la dernière exécution qui eût lieu à Morlaix. Une gwerz fut composée en cette circonstance[63].

Le XXe siècle

La Belle Époque

En 1883, Ferdinand Foch achète le manoir de Traon Feunteniou, qui restera propriété de la famille Foch jusqu'en 1981[64].

Plusieurs lithographies d'Albert Robida, publiées dans La vieille France, Bretagne[65] illustrent Morlaix vers 1900 :

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La Première Guerre mondiale

602 Morlaisiens sont morts pour la France pendant la Première Guerre mondiale. Leur liste peut être consultée sur un site Internet[66]. Un tableau commémoratif placé dans l'église Saint-Mélaine[67] indique 79 morts pour la France pour cette paroisse de Morlaix.

L'Entre-deux-guerres

Les foires de Morlaix

«Le samedi avait lieu la foire de Morlaix (...) Les porcs se rassemblant dans le quartier du Marc'hallach, à flanc de colline. Les "cagées" de porcelets s'alignent, surveillées par des vendeuses dont les origines étaient indiquées par la coiffe qu'elles portaient. (...) Sur l'autre versant de la colline avait lieu la foire aux chevaux, une des plus importantes de Bretagne. Des milliers de bêtes se retrouvaient à la "Foire Haute" (Foar an eac'h), ainsi appelée à cause de sa situation dominant la ville. À cette foire d'octobre on venait de tout le département. Les chevaux s'y vendaient par milliers »[68].

La Seconde Guerre mondiale

Les bombardements

Morlaix a été bombardée à de nombreuses reprises pendant la Seconde Guerre mondiale par les Britanniques et les Américains, l'objectif principal était le viaduc ferroviaire, dans le but de couper les communications ferroviaires avec Brest.

La résistance et les otages à Morlaix et dans sa région

En décembre 1940, 16 jeunes du pays de Morlaix partent du Dourduff dans l'intention de rejoindre Londres, mais la tempête provoque l'échouage de leur bateau à Guernesey, alors occupé par les Allemands ; ils sont arrêtés : l'un d'entre eux (François Scornet de Penn an Traon en Ploujean) est fusillé, les autres déportés (sept meurent en déportation). En novembre 1941, treize résistants qui attendent à Ploujean, sur les rives de la rivière de Morlaix, un bateau pour se rendre en Angleterre, sont arrêtés et déportés (cinq d'entre eux meurent)[72].

À Morlaix la Gestapo, et notamment le lieutenant Schmidt, commit de nombreuses atrocités dans ses locaux situés Quai du Léon[73].

En septembre et octobre 1943, l'imprimeur Louis Boclé, de Morlaix, imprime clandestinement les deux premiers numéros du journal "La France combattante des Côtes-du-Nord"[74], dirigé par l'instituteur Jean Devienne, dit François[75], publié par le principal mouvement de résistance des Côtes-du-Nord, le Front national, créé par le Parti communiste français alors clandestin en mai 1941.

Le livre de Danielle Ropars : 1939-1945 : ils l'ont vécu. De l'action clandestine au combat des trente de Morlaix à Lorient[76] présente la résistance à Morlaix et dans sa région pendant la Seconde guerre mondiale. Le maquis FTP de Saint-Laurent en Plouégat-Guérand, organisé par Pierre Lagadou[77], dit Jules et André Le Men, dit Victor, se développe à partir du printemps 1943 dans un site boisé et encaissé de la vallée du Douron, autour initialement de la ferme de Coat Chanus[78]. Les résistants recrutent des réfractaires du STO et organisent des parachutages. Un autre maquis FTP nommé War Zao s'est développé à Plestin-les-Grèves, plastiquant notamment deux cafés fréquentés par les troupes allemandes le dans le bourg de Plestin-les-Grèves (en représailles, les allemands bombardèrent l'église de Plestin-les-Grèves). Un autre réseau de maquisards FFI, dirigé par le docteur Léon Le Janne, alias Commandant Noël, coopérant avec François Tanguy-Prigent, alias Jacques Le Ru, maire révoqué de Saint-Jean-du-Doigt, a sa base à Kerabars, en Plouégat-Guérand[79]. Jeanne Bohec, originaire de Plestin-les-Grèves, est surnommée "La plastiqueuse à bicyclette". Le réseau "Var" à Guimaëc, formé d'agents britanniques du SOE (Special Operations Executive), des frères et sœurs Alice, Germaine, Raymonde et Yvonne Jacob, qui tenaient un café à Guimaëc et d'Aristide Sicot, originaire de Saint-Cast où ce dernier avait initialement organisé une filière d'évasion pour les aviateurs alliés, se replie sur Beg-An-Fri en Guimaëc à partir de janvier 1944. Avec la complicité d'un forgeron de Plouigneau, Thomas (qui accueille les aviateurs depuis la gare locale) et d'un négociant en vins, Barazer (qui les transporte), le réseau "Var" parvint à recevoir 27 agents alliés et à faire embarquer 55 personnes, principalement des aviateurs alliés, depuis Beg-an-Fri[80]. À Carantec, le réseau Sibiril, membre du réseau de renseignements militaires "Alliance" permit l'évasion vers l'Angleterre de 152 personnes à bord de 15 bateaux. Parmi ses membres, le docteur Jean Le Duc, qui fut par la suite maire de Morlaix jusqu'en 1971 et député, ainsi que son épouse[81].

Sept lycéens du lycée de Morlaix, âgés de 17 ou 18 ans, formèrent un groupe de résistants au printemps 1943, organisé par Émile Guéguen et Gildas Lebeurier[82] dit "Gil" ; parmi ses membres Louis Gourvil, Marcel Le Jeune, fils de l'adjudant Le Jeune, mort en déportation, Jo Despretz, et Michel Le Bars [83]. Ce "groupe Gil" participa à diverses actions de résistance au Cloître-Saint-Thégonnec et à Plourin-les-Morlaix. Ses membres rejoignirent le maquis FFI de Saint-Laurent en Plouégat-Guérand, incorporant le "bataillon d'Ornano", dirigé par Édouard Lebeurier (1892-1986)[84], et participèrent à la libération de Morlaix le .

Le , Jean Thépaut, membre de l'Organisation spéciale, qui dépend du Parti communiste alors clandestin, lance une grenade depuis la rue Gambetta sur le Soldatenheim (« Foyer du soldat allemand ») de Morlaix, faisant 17 blessés (des soldats allemands et quelques Bretonnes qui leur tiennent compagnie). Le , en représailles, les Allemands arrêtent lors d'une rafle 400 Morlaisiens rassemblés sur la place Thiers et en retiennent 60 (le plus âgé Louis Noël a 34 ans et le plus jeune Georges Caën même pas 16 ans) qui sont d'abord parqués au camp d'aviation de Ploujean, puis, via Compiègne, déportés à Buchenwald, certains menés ensuite à Flossenbürg, à Dora-Mittelbau ou d'autres camps de concentration ; 34 d'entre eux meurent dans les camps et deux peu après leur retour[85]. Une « Place des Otages » à Morlaix commémore leur souvenir[86]. Un des survivants, Louis Le Gros (né en 1916, décédé en 1994) a dessiné sur place quelques croquis, qu'il a peints beaucoup plus tard, et qui ont été déposés par son fils au Musée des beaux-arts de Morlaix[87].

Le "groupe Justice", un maquis FTP dirigé à l'été 1944 par Eugène Le Luc[88], actif dans les Monts d'Arrée, principalement entre Brennilis et Sizun, et le sud du pays de Morlaix, récupérant des armes, attaquant des convois allemands, aidant des réfractaires du STO, cacha une famille juive à Saint-Sauveur pendant la Seconde Guerre mondiale[72].

La libération de Morlaix

Morlaix est libéré le par les troupes américaines venues des Côtes-du-Nord en passant par Le Ponthou où des maquisards avaient mitraillé des troupes allemandes les 4 et sur la RN 12 afin de faciliter l'avancée de l'armée alliée. La Task Force A, composée notamment du 17e Cavalry et du 1st Engineer Company attaqua la garnison allemande de la ville (environ 3 500 hommes de la 266e division d'infanterie allemande) vers 16h45 ; la résistance allemande cessa vers 0h30 et 550 soldats allemands furent faits prisonniers. Les ponts de Morlaix étaient restés intacts[89].

Neuf cheminots morlaisiens ont été tués à la suite de faits de guerre pendant la Seconde Guerre mondiale[90].

L'après-Seconde Guerre mondiale

Les manifestations d'agriculteurs

À la tête du CDJA (Centre départemental des jeunes agriculteurs) du Finistère, Alexis Gourvennec, aussi président de la SICA de Saint-Pol-de-Léon, organise, en raison des difficultés que rencontrent les agriculteurs de la Ceinture dorée, avec Marcel Léon, l'occupation de la sous-préfecture de Morlaix par 2 000 agriculteurs le  ; les deux leaders sont arrêtés et incarcérés, ce qui provoque une manifestation monstre à Morlaix de 6 000 agriculteurs le jour de leur procès () devant le tribunal de Morlaix ; les juges prononcent leur relaxe, ce qui entraîne leur libération et, à la sortie du palais de justice, ils sont portés en triomphe par la foule[91].

Le , une manifestation des aviculteurs bretons dégénère et des actes de violence ravagent le centre de la ville de Morlaix ; le journal Le Télégramme de Brest et de l'Ouest titre ce jour-là : « Scènes de violence à Morlaix » :

« La manifestation organisée par les aviculteurs bretons à Morlaix a débuté par un rassemblement imposant, un embouteillage monstre au centre de la ville, et s'est terminé, après un meeting aux halles, par des actes de violence autour de l'hôtel de ville où des bureaux ont été saccagés, des vitres brisées. Une voiture de police fut incendiée près du commissariat devant la porte duquel des manifestants stationnent[92]. »

L'incendie de la « Manu » en 1995

Le , la « Manu » est ravagée par le feu :

« Un violent incendie s'est déclaré, vers 18 h 30, hier soir, à la Manufacture des tabacs de Morlaix. En deux heures, la « Manu » a été en partie détruite par le feu, et deux pompiers, un de Morlaix et un autre de Landivisiau, ont été blessés. Il semble que le feu ait pris sous le toit, dans un endroit où des ouvriers effectuaient des travaux : très rapidement, les hautes flammes ont alors dévasté le bâtiment arrière, dont la toiture s'est effondrée, ainsi qu'une des ailes. Dix casernes de pompiers ont dû être appelées sur les lieux et c'est vers 20 h 30 que l'incendie a été maîtrisé[93]. »

Les incendies des bâtiments de la MSA et des impôts en 2014

Au cours d'une action d'envergure liée à la crise de la production légumière, les bâtiments de la MSA et des impôts sont incendiés dans la nuit du 19 au 20 septembre 2014[94].

Politique et administration


Rattachements administratifs et électoraux

Rattachements administratifs

La commune est le chef-lieu de l'arrondissement de Morlaix du département du Finistère.

Elle était depuis 1793 le chef-lieu canton de Morlaix[95]. Dans le cadre du redécoupage cantonal de 2014 en France, cette circonscription administrative territoriale a disparu, et le canton n'est plus qu'une circonscription électorale.

Rattachements électoraux

Pour les élections départementales, la commune fait partie depuis 2014 d'un nouveau canton de Morlaix porté à 11 communes.

Pour l'élection des députés, elle fait partie de la quatrième circonscription du Finistère.

Intercommunalité

La ville est le siège de la communauté d'agglomération dénommée Morlaix Communauté, un établissement public de coopération intercommunale (EPCI) à fiscalité propre créé en 2000, et qui succédait à la communauté de communes créée en 1995 sous le nom de Communauté de Communes du Pays de Morlaix (CCPM).

Tendances politiques et résultats

Résultats du deuxième tour des élections présidentielles
Résultats des élections municipales

Lors du second tour des élections municipales de 2014 dans le Finistère, la liste menée par la maire sortante Agnès Le Brun (DVD) remporte l'élection avec 3 423 voix (51,82 % des suffrages exprimés, 25 conseillers municipaux et 9 conseillers communautaire), devançant la liste d'union PS & EELV menée par Jean-Paul Vermot qui a obtenu 3 182 voix (48,17 % des suffrages exprimés, 8 conseillers municipaux et 3 conseillers communautaires), l'abstention s'étant élevé à 35,51 %[100].

Lors du second tour des élections municipales de 2020 dans le Finistère, la liste d'union de la gauche (PS, Génération.s, PCF) menée par Jean-Paul Vermot remporte l'élection avec 2 658 voix (54,95 % des suffrages exprimés, 26 conseillers municipaux et 9 conseillers communautaires), devançant celle (Agir & DVD) menée par la maire sortante Agnès Le Brun, qui obtient 2 179 voix (45,04 % des suffrages exprimés, 7 conseillers municipaux et 3 conseillers communautaires), l'abstention s'étant élevée à 50,71 % lors d'un scrutin marqué par la pandémie de Covid-19 en France[101].

Politique locale

Dans son édition du 24 juin 2020, un article du Canard enchainé "Drôle de pastis à Morlaix" évoque les moyens déployés par la liste d'Agnès Le Brun pour mobiliser l'électorat abstentionniste, via des procurations. France Télévisions relate la mystérieuse razzia de presque tous les exemplaires du canard enchaîné sur Morlaix par un inconnu[102].

Liste des maires

Liste de procureurs-syndics (jusqu'à 1689) puis des maires d'Ancien Régime
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
1585 1586 Martin Tournemouche    
1605 1606 Nicolas Desportes, sieur du Rest    
1615 1616 Yves Le Bervet (du Parc) (1579-1641)    
    François de La Fruglaye (1730-)    
1671 1673 Jacques Alain, sieur de La Marre (1627-1687)    
1751 1752 Philippe Miron (1701-1786)   seigneur de L’Estang, négociant, lieutenant-général de police, prieur-consul de Morlaix
1753 1754 Jean Lannux l'aîné    
1763   Augustin Tilly de Penanrun   Négociant
1765 1769 Pierre Barrère[Note 5]   Négociant
1769   Jean Lannux de La Chaume   Négociant et banquier
1780   Michel Behic (1736-1837)   Négociant
1782   Pierre-Louis Mazurié de Pennanech   Négociant-armateur, député
1788 1790 Michel Behic (1736 - 1837)   Déjà maire en 1780
Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
1790   Yves-Joseph Le Denmat de Kervern[Note 6]   Avocat. Victime de la Terreur.
vers 1800 après 1806 Pierre Guy Marie Barrère[Note 7]   Négociant. Fils de Pierre Barrère, maire entre 1765 et 1769.
1809 1810 François-Gabriel de La Fruglaye   Comte.
1810 1813 Jean Marie Charles Beaumont[Note 8]   Négociant à Morlaix
1814 1819 Louis Le Grand du Quellenec[Note 9]   Capitaine d'infanterie en retraite
1819 1826 Jean Marie Charles Beaumont   Déjà maire entre 1810 et 1813.
1826 1830 Armand Ange Beaumont[Note 10]   Fils de Jean Marie Charles Beaumont, maire précédent.
1830 1832 Gustave Rivoallan[Note 11]   Avocat. Mort lors de l'épidémie de choléra de 1832[58]. Chevalier de la Légion d'honneur
1832 1835 Joseph Guégot de Traoulen[Note 12]   Avocat ; conseiller général
1845 1848 Joseph François Desloges[103]   Négociant en beurre ; président du conseil d'arrondissement. Il faillit être défenestré parce qu'à la mairie il refusait (lui l'orléaniste) de remplacer le buste de Louis-Philippe par celui de Marianne.
1848 1848 Jean-Marie Éléouët[104]   Vétérinaire.
1848   André Découvrant   Avocat. Député du Finistère en 1848-1849.
1850 1851 Philippe-François Le Denmat de Kervern[Note 13]   Magistrat. Député du Finistère en 1830. Fils d'Yves-Joseph Le Denmat de Kervern, maire en 1790.
1853 1863 Antoine Frebourg[Note 14]   Négociant. Chevalier de la Légion d'honneur.
1865 1870 Alexandre Étienne Tilly[105]   Négociant
1870 1871 Joseph François Desloges   Déjà maire entre 1845 et 1848.
1871 1875 Edmond-Gabriel Puyo[Note 15]    
1878 1881 Victor Braouezec[Note 16]   Négociant de vins en gros
1881 1882 Armand Cloarec[Note 17]   Avoué
1884 1885 François César Roussel[Note 18]   Propriétaire
1886 1888 Armand Cloarec   Déjà maire en 1881 et 1882
1888 1888 Victor Delannègrie [Note 19]   Médecin
1888 1897 Onésime Kérébel[Note 20]   Négociant, exportateur.
1897 1904 Henry Le Bolloch[Note 21]   Avocat.
1904 1907 Onésime Kérébel   Déjà maire entre 1888 et 1897.
1908 1912 Charles Lefebvre[Note 22]   Avocat.
1914 1917 Joseph Frédéric Hervé[Note 23]   Pharmacien.
1919 1925 François-Louis Guillou    
1925 1925 Guillaume Châtel[Note 24] SFIO Ouvrier horloger
1925 1935 François-Louis Bourgot    
1936 1944 Olivier Le Jeune[106]   Médecin de marine ; sénateur
1945 1947 Jules Hippolyte Masson SFIO Ancien maire de Brest, député puis sénateur.
1947 1971 Jean Le Duc MRP puis
Gaulliste
Député (1946 et 1958-1962), conseiller général
1971 1989 Jean-Jacques Cléach PS Conseiller général
1989 1995 Arnaud Cazin d'Honincthun UDF Député (1993-1997)
1995 1997 Marylise Lebranchu PS Ministre du gouvernement Lionel Jospin (1997-2002)
Députée de la quatrième circonscription du Finistère (1997 et 2002→)
Membre du conseil régional de Bretagne (1986→)
Ministre du gouvernement Ayrault (2012→2014)
Ministre du Gouvernement Valls (2014→2016), en tant que ministre de la Décentralisation et de la Fonction publique
1997 2008 Michel Le Goff PS  
2008 juillet 2020 Agnès Le Brun[107] UMPLR
puis DVD
Conseillère générale de Morlaix (2008 → 2010)
Députée européenne (2011 → 2014)
juillet 2020[108] En cours Jean-Paul Vermot[109] PS Directeur du Pôle emploi puis de l'AFPA de Morlaix
Conseiller départemental de Morlaix (2015 → )
Président de la CA Morlaix Communauté (2020 → )

Jumelages et partenariats

Jumelages

Partenariats

Population et société


Démographie

Évolution démographique

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de plus de 10 000 habitants les recensements ont lieu chaque année à la suite d'une enquête par sondage auprès d'un échantillon d'adresses représentant 8 % de leurs logements, contrairement aux autres communes qui ont un recensement réel tous les cinq ans[111],[Note 25]

En 2018, la commune comptait 14 729 habitants[Note 26], en diminution de 3,5 % par rapport à 2013 (Finistère : +0,86 %, France hors Mayotte : +2,36 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
10 3939 3519 9379 7819 5969 74010 53911 52912 393
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
12 90414 00814 04614 38915 18315 34616 01316 30016 027
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
16 08615 98415 26213 93113 95914 07313 94415 12115 037
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 2016
18 86619 91919 23718 34816 70115 99015 69515 54914 721
2018 - - - - - - - -
14 729--------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[95] puis Insee à partir de 2006[112].)
Histogramme de l'évolution démographique

Évolution du rang démographique

Évolution du rang de la commune
selon la population municipale des années : 1968[113] 1975[113] 1982[113] 1990[113] 1999[113] 2006[114] 2009[115] 2013[116]
Rang de la commune dans le département 4 3 3 4 4 4 4 5
Nombre de communes du département 286 283 283 283 283 283 283 283

En 2017, avec 14 559 habitants, Morlaix occupe le 5e rang en nombre d'habitants sur les 277 communes que compte le département (derrière Brest, Quimper, Concarneau et Landerneau et devant Guipavas), et elle est aussi la 20e commune de la région Bretagne (territoire en vigueur au ). Elle est également au 658e rang national, derrière Hautmont et devant Wattignies. En 2020 sa population municipale est selon l'INSEE de 14 729 habitants et la ville a encore perdu 535 habitants en 5 ans.

Pyramide des âges

La population de la commune est relativement âgée. À l'instar des répartitions nationale et départementale, la population féminine de la commune est supérieure à la population masculine. Le taux (52,2 %) est supérieur au taux national (51,6 %).

La répartition de la population de la commune par tranches d'âge est, en 2007, la suivante :

Pyramide des âges à Morlaix en 2013[117] en pourcentage.
HommesClasse d’âgeFemmes
4,68 
80 ans et plus
10,03 
10,23 
65 à 79 ans
13,64 
13,46 
55 à 64 ans
13,64 
22,13 
40 à 54 ans
20,37 
18,92 
25 à 39 ans
15,90 
11,18 
18 à 24 ans
9,42 
8,13 
11 à 17 ans
7,50 
4,84 
6 à 10 ans
4,53 
6,42 
0 à 5 ans
4,97 
Pyramide des âges du Finistère en 2013 en pourcentage[118].
HommesClasse d’âgeFemmes
4,38 
80 ans et plus
8,84 
12,49 
65 à 79 ans
14,72 
13,72 
55 à 64 ans
13,76 
21,30 
40 à 54 ans
19,77 
17,68 
25 à 39 ans
16,15 
8,31 
18 à 24 ans
6,94 
8,94 
11 à 17 ans
7,98 
6,27 
6 à 10 ans
5,65 
6,91 
0 à 5 ans
6,28 

Manifestations culturelles et festivités

Sports

Médias

Morlaix est couverte par une radio locale, Radio Nord Bretagne.

Presse écrite

Deux principaux journaux quotidiens relaient l'actualité de Morlaix et ses alentours : Le Télégramme (édition Morlaix) et Ouest-France (édition Nord-Finistère).

Enseignement

Écoles

Collèges

Lycées

IUT UBO

Établissement privé par alternance

Formations adultes

Langue bretonne

Santé

Le Centre Hospitalier des Pays de Molaix

Au sud du territoire communal se trouve le Centre Hospitalier des Pays de Morlaix (CHPM), qui fait partie du pôle santé débordant sur la commune de Plourin-lès-Morlaix.

Capacité d'accueil

Le centre comportait 968 lits et 237 places au 1er avril 2018. Les lits et les places étaient répartis de la manière suivante :

Activité

L'activité du centre en 2017 était la suivante :

Cultes

Économie


Monnaie locale

En octobre 2016 une monnaie locale, le Buzuk, est créée et entre en circulation dans le pays de Morlaix[123]. Elle a pour objectif de soutenir le commerce local et renforcer le lien social puisqu'elle circule en circuits courts et éthiques[124].

Revenus de la population et fiscalité

En 2011, le revenu fiscal médian par ménage était de 21 216 €, ce qui plaçait Morlaix au 30 015e rang parmi les 31 886 communes de plus de 49 ménages en métropole[Insee 5].

Emploi

En 2017, la population âgée de 15 ans à 64 ans s'élevait à 9 160 personnes (contre 10 289 personnes en 2012), parmi lesquelles on comptait 70,1 % d'actifs dont 55,3 % ayant un emploi et 14,8 % de chômeurs[Insee 6].

Entreprises et commerces

Morlaix est le siège de la Chambre de commerce et d'industrie de Morlaix (CCI).

Création d'entreprises en 2017

En 2018, Morlaix a vu se créer 99 entreprises dont :

Secteur primaire

Secteur secondaire

Secteur tertiaire

Hôtels

Au 1er janvier 2020, Morlaix compte 6 hôtels pour 181 chambres soit :

Campings

Morlaix ne comptait aucun camping au 1er janvier 2020[Insee 9].

Autres hébergements collectifs

Morlaix comptait une auberge de jeunesse de 79 places au 1er janvier 2020[Insee 10].

Autres

La CCI mène également un projet de reconversion urbaine de la Manufacture des tabacs de Morlaix, site industriel classé monument historique, qui accueille désormais du logement, de l'enseignement (IUT de Morlaix), de l'économie (hôtel d'entreprises), des services publics (Morlaix Communauté), des ateliers d'artistes. Un projet en travaux comportant une salle de spectacle et trois salles de cinéma est en cours[126].

Culture locale et patrimoine


Emblèmes

Héraldique

Les armoiries se décrivent :

De gueules au navire d'or, aux voiles éployées d’hermines, flottant sur une mer d'azur.

Devise

En 1522, les Anglais pillent la ville en l'absence des habitants, mais s'attardent un peu trop dans les celliers. Les Morlaisiens, revenus, leur taillent des croupières. À cette occasion, la ville ajoute à ses armes deux supports, à senestre un léopard rampant (vertical et panache de la queue tourné vers l’extérieur) bicéphale figurant l’Angleterre, à dextre un lion rampant (vertical et panache de la queue tourné vers l'intérieur), auquel s'adresse la devise inscrite sur un listel : S'ils te mordent, mords les[128].

Langue bretonne

En breton, la ville se nomme Montroulez.

La commune a voté la charte Ya d'ar brezhoneg le 27 juin 2008 et reçu le label de niveau 1 le 6 février 2009.

Lieux et monuments

Morlaix abrite plusieurs édifices et constructions présentant un intérêt architectural ou historique.

Architecture civile

Le viaduc de Morlaix est un édifice emblématique de la ville : 292 m de longueur, 58 m de hauteur, 14 arches et 9 arceaux, 11 000 m3 de pierres de granite de l'Île-Grande. Il est construit de 1861 à 1864, pour permettre le passage de la ligne de chemin de fer Paris-Brest. L'ingénieur Fenoux en a tracé les plans.

De nombreuses maisons médiévales à pans de bois sont préservées. Appelées maisons à lanterne ou à pondalez (pont-galerie en breton), elles s'organisent autour d'un hall qui s'élève sur trois à quatre niveaux[129]. Celle du 9 Grande-Rue accueille les œuvres et objets de la collection du musée de Morlaix ayant trait à l’architecture et à l’histoire de la ville – et celle dite « de la duchesse Anne » (XVIe siècle), rue du Mur.

La fontaine des Carmélites, datant du XVe siècle, au pied de l'ancienne église Notre-Dame des Fontaines qui fut détruite. Les Carmélites sont arrivées à Morlaix au XVIIe siècle, à la suite de graves épidémies de peste.

La ville comporte plusieurs escaliers publics anciens et des venelles.

Le théâtre municipal, construit à l'italienne en 1888 et entièrement restauré.

Le kiosque de la place des Otages, offert en 1903 par Auguste Ropars.

Architecture religieuse

L'ancien couvent des Jacobins dont l'église fondée en 1230, est la plus ancienne de la ville. Le couvent est construit au XIIIe siècle, la rosace du chevet date du XVe siècle. Il est confisqué à la Révolution, puis sert de caserne et enfin de siège la société d'archéologie du Finistère. Depuis 1887, il abrite le musée des Beaux-Arts de la ville, dont le premier conservateur est Edmond Puyo.

Le couvent des Ursulines du XVIIe siècle, typiquement polylithique[130]. L'un des traits les plus frappants des couvents de Morlaix est ce polylithisme de construction[131].

L'église Saint-Mathieu, dont la tour est un des premiers édifices Renaissance de la région. Elle abrite une statue ouvrante en bois doré de la fin du XIVe siècle. Lorsqu'elle est ouverte elle offre une Trinité sculptée et des scènes peintes du nouveau Testament. Cette statue qui provient de la région de Cologne a été commandée par la Confrérie des tisserands de Morlaix. L'église abrite également un bel orgue, dont le buffet fin XVIIe contient un instrument de Heyer (1873).

L'église Saint-Mélaine, de style gothique flamboyant (XVe siècle) dédiée à Melaine de Rennes. Le prieuré de Saint-Mélaine fut fondé entre 1149 et 1157 à la suite d'une donation de Guyomarc'h III, seigneur de Morlaix. L'église fut construite à la fin du XVe siècle par l'atelier d'architectes Beaumanoir. En 1879, le lanternon de l'église a été remplacé par une flèche en bois recouverte de zinc. L'église abrite de belles sablières et statuaires du XVe au XIXe, ainsi qu'un orgue de Dallam restauré en 1971[132].

Architecture militaire

Le château de Suscinio (maison du corsaire Charles Cornic) et son parc botanique, situés à Ploujean, ancienne commune faisant aujourd'hui partie de Morlaix.

Architecture industrielle

L'ancienne Manufacture des tabacs. C'est Jean-François Blondel, architecte du roi qui a conçu la Manufacture entre 1736 et 1740. C'est aujourd'hui un lieu qui abrite l'IUT de Morlaix et l'espace des Sciences du Pays de Morlaix[133].

L'ancienne brasserie Coreff (Brasserie des Deux Rivières), aujourd'hui basée à Carhaix-Plouguer.

Lieux culturels

Le musée des Beaux-Arts de Morlaix, dit aussi Musée des Jacobins (labellisé Musée de France).

Le théâtre du Pays de Morlaix : il propose une programmation régulière mais accueille également de nombreuses compagnies dramatiques en résidence de création[134].

L'Espace des sciences du Pays de Morlaix situé dans la manufacture des tabacs[133].

Le Patio, centre d'initiation aux arts du Pays de Morlaix, école de musique[135].

La maison des Jeunes et de la Culture (MJC) de Morlaix[136].

Lango, parc des expositions de Langolvas, un espace événementiel en fonction depuis 2002.

Le Bagad Sonerien Bro Montroulez, bagad du pays de Morlaix, ensemble de musiciens de musique bretonne.

La Salamandre, salle de cinéma associative classée art et essai[137].

Tableaux

Plusieurs tableaux représentent la ville :

Personnalités liées à la commune

Nées au XVe siècle
Nées au XVIIIe siècle
Nées au XIXe siècle
Nées au XXe siècle

Labels et récompenses

En 2010, la commune de Morlaix a été récompensée par le label « Ville Internet @@ »[140].

En juillet 2017, elle est décorée de 3 fleurs et vise la décoration de 4 fleurs[141],[142].

Voir aussi


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Bibliographie

Articles connexes

Liens externes

Notes et références


Notes

  1. Prononciation en français de France retranscrite selon la norme API.
  2. Une commune rurale est une commune n'appartenant pas à une unité urbaine. Les autres communes sont dites urbaines.
  3. La notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.
  4. Prononciation en breton KLT retranscrite selon la norme API.
  5. Deux fois maire de Morlaix entre 1765 et 1769, aussi Premier consul de Morlaix en 1774, voir : Gustave Chaix d'Est-Ange, Dictionnaire des familles françaises anciennes ou notables à la fin du XIXe siècle, tome 2, 1904, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k111995g/f379.image.r=Morlaix.langFR
  6. Yves Joseph Louis Le Denmat de Kervern, né en 1751, arrêté dans sa maison de la rue Saint-Melaine, par ordre du Comité de Surveillance le , incarcéré à Saint-Pol-de-Léon, puis traduit devant le tribunal révolutionnaire de Brest, guillotiné le à Brest.
  7. Né le à Morlaix, fils de Pierre Barrère et Marie-Jacquette Quérangal, fut aussi consul et président du tribunal de commerce de Morlaix et anobli en 1817 par le roi Louis XVIII, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k111995g/f379.image.r=Morlaix.langFR ; il décéda le à Morlaix
  8. Jean Marie Charles Beaumont, né le à Morlaix, sous-lieutenant au Régiment de La Reine dragons, participa à l'insurrection royaliste dans l'armée de Charette, nommé sous-préfet en 1814, décédé le à Morlaix.
  9. Louis Ignace Jean Joseph Le Grand du Quellenec, né en 1753, décédé le à Morlaix, officier émigré, survivant du débarquement de Quiberon, voir Claude-Youenn Roussel et Benoît de Bergevin, Un survivant de Quiberon. Le Grand du Quellenec (1753-1830), Guénégaud, 2008, [ (ISBN 2-85023-139-8)].
  10. Armand Ange Beaumont, né le à Morlaix.
  11. Gustave Rivoallan, né le à Lannion, décédé le à Morlaix.
  12. Joseph Pierre François Guégot de Traoulen, né le à Montjean-sur-Loire, décédé le et inhumé à Plounéour-Ménez.
  13. Philippe-François Le Denmat de Kervern, né le à Morlaix, décédé le à Morlaix.
  14. Antoine Benjamin Frebourg, né le à La Remuée (Seine-Maritime), marié le à Morlaix avec Anne Lelièvre, décédé le à Rouen (Seine-Maritime).
  15. Edmond-Gabriel Puyo (1828-1916) fut maire de Morlaix de 1871 à 1875, puis fondateur et 1er conservateur du musée de Morlaix. Il était l'oncle maternel du poète Tristan Corbière (1845-1875). Le peintre Alexis Douillard a fait son portrait qui se trouve au musée des beaux-arts de Morlaix.
  16. Victor Braouezec, né le ) Morlaix, décédé en 1900.
  17. Armand Joseph Cloarec, né le à Quimper, décédé le à Morlaix. Il a habité le manoir de Roc'h Gwen en Ploujean qu'il fit construire vers 1850.
  18. François César Roussel, marié le à Mouzon (Ardennes) avec Rosalie Delbeck, décédée le à Morlaix.
  19. Victor Louis Delannègrie, né le à Morlaix, décédé le à Morlaix.
  20. Onésime René Marie Kérébel, né le à Sizun (Finistère), décédé le à Morlaix.
  21. Henry Joseph Louis Le Bolloch, né le à Carhaix-Plouguer, décédé après 1915.
  22. Charles Joseph Simon Lefebvre, né le à Morlaix, décédé le à Morlaix.
  23. Joseph Frédéric Hervé, né le à Morlaix, décédé le à Morlaix.
  24. Peut-être Guillaume Marie Châtel, né le à Morlaix.
  25. Par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique, pour les populations légales postérieures à 1999, que les populations correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et que les populations des années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.
  26. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2021, millésimée 2018, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2020, date de référence statistique : 1er janvier 2018.

Références

Insee

Autres sources

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  9. « Base des unités urbaines 2020 » , sur https://www.insee.fr/, (consulté le 4 décembre 2020)
  10. Vianney Costemalle, « Toujours plus d’habitants dans les unités urbaines » , sur https://www.insee.fr/, (consulté le 4 décembre 2020)
  11. « Base des aires d'attraction des villes 2020 » , sur https://www.insee.fr/, (consulté le 4 décembre 2020)
  12. Marie-Pierre de Bellefon, Pascal Eusebio, Jocelyn Forest, Olivier Pégaz-Blanc, Raymond Warnod (Insee), « En France, neuf personnes sur dix vivent dans l’aire d’attraction d’une ville » , sur https://www.insee.fr/, (consulté le 4 décembre 2020)
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  14. « georisques Morlaix » .
  15. « georisques Morlaix » .
  16. Louis Le Guennec, Morlaix et sa région, Amis de Louis Le Guennec, , p. 13.
  17. Bulletin archéologique de l’association bretonne, 1851, p. 159.
  18. « Résultats concernant « Bubry » » , sur la base KerOfis, Office public de la langue bretonne (consulté le 20 juillet 2016)
  19. Nom attesté dans l’Acte de Fondation de Saint Martin. Le 12 mars 1128, le vicomte Hervé de Léon fait don aux moines de Marmoutier d’une terre « juxta Castrum meum, quod vocatur Mons-Relaxus » (« auprès de mon château fort qui est appelé Morlaix »).
  20. Bernadette Lécureux, Histoire de Morlaix : des origines à la Révolution, Éditions du Dossen, , p. 12.
  21. Michel Priziac, Les Noms racontent la nature, Kidour-éditions, p. 14.
  22. La paroisse de Saint-Martin a été fondée en 1128 par Hervé II de Léon, qui la donna à l'abbaye de Marmoutier « pour y construire un monastère, un cimetière et un bourg », voir A. Marteville et P. Varin, "Dictionnaire historique et géographique de la province de Bretagne", tome 2, 1845, consultable https://books.google.fr/books?id=9o8DAAAAYAAJ&printsec=frontcover&dq=bibliogroup:%22Dictionnaire+historique+et+g%C3%A9ographique+de+la+province+de+Bretagne%22&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwiC2pWx4cTXAhWHtRoKHUUuCBMQ6AEIJjAA#v=onepage&q=Saint-Martin-des-Champs&f=false.
  23. a b c d e et f Daniel Leloup, Demeures remarquables de Bretagne. Les maisons à pondalez du siècle d'or. Morlaix, Skol Vreizh, (ISBN 978-2-36758-024-1).
  24. a b c et d http://www.infobretagne.com/morlaix.htm.
  25. Le père de l'hagiographie bretonne Albert Le Grand (présent dans ce couvent en 1627), a modifié, arrangé les matériaux qu'il a reçu de première main, pour forger la tradition hagiographique de l'arrivée des premiers dominicains dans cette ville le 29 juin 1235. Cf Marie-Dominique Chapotin, Histoire des Dominicains de la Province de France. Le siècle des fondations, Impr. Cagniard, , p. 258.
  26. http://www.infobretagne.com/morlaix-eglise-notredamedumur.htm.
  27. Albert Le Grand, "La vie, gestes, mort et miracles des saincts de la Bretagne Armorique", Nantes, 1637.
  28. Elle se trouve de nos jours dans l'église Saint-Mathieu de Morlaix, voir http://www.infobretagne.com/morlaix-eglise-mathieu.htm
  29. jean-yves cordier, « La Vierge ouvrante de Notre-Dame-des-Murs à Morlaix. » , sur Aile.com, Le blog de jean-yves cordier, (consulté le 29 juin 2020).
  30. Daniel et Marie-Claude Appriou - Le château du Taureau, bastion et prison p. 10-12 (ISBN 2-9503519-5-6)
  31. http://www.infobretagne.com/morlaix-saint-martin.htm.
  32. André Mussat, Arts et cultures de Bretagne : un millénaire, Rennes, Editions Ouest-France, , 380 p. (ISBN 978-2-7373-1932-7, OCLC 34611255 ).
  33. Nobles dérogeant temporairement pour exercer une activité commerciale ou financière ; sur simple déclaration de leur part affirmant qu'ils cessent leur activité commerciale ou financière, ils peuvent retrouver l'intégralité de leurs droits ; par exemple Nicolas Coëtanlem fait lire sa déclaration de renoncement à pratiquer le commerce dans l'église paroissiale de Plouézoc'h le .
  34. Jean du Quélennec, capitaine de Morlaix en 1470.
  35. https://ploujeanpatrimoine.files.wordpress.com/2014/07/le-vieux-manoir-de-coatserho.pdf
  36. Jean Rohou, "Catholiques et Bretons toujours ? (essai sur l'histoire du christianisme en Bretagne)", éditions Dialogues, Brest, 2012, [ (ISBN 978-2-918135-37-1)].
  37. Dom Morice, "Mémoires pour servir de preuves à l'histoire ecclésiastique et civile de Bretagne, tome 3, 1746, consultable https://books.google.fr/books?id=99lOAAAAcAAJ&pg=PA1481&lpg=PA1481&dq=Alexandre+de+Kergariou&source=bl&ots=fc94eFdxxL&sig=aUqn3GSfCCNAUT2JR16F3o0oYJ8&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwiXwdj1oq7XAhWI5aQKHdMpCoAQ6AEIQDAF#v=onepage&q=Alexandre%20de%20Kergariou&f=false.
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  39. Pierre de Boiséon, prisonnier des Ligueurs en 1590 alors qu'il défendait son château de Kerouzéré, décédé en 1627
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  67. Memorialgenweb.org - Morlaix : plaque commémorative de l'église Saint-Mélaine
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  69. La plaque commémorative sur la chapelle Notre-Dame-des-Anges bénite le 3 février 1957 à côté de l'école.
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  76. Danielle Ropars, 1939-1945 : ils l'ont vécu, Liv'éditions, 2003 [ (ISBN 2-913555-54-3)]
  77. Pierre Lagadou est originaire de Plestin-les-Grèves
  78. http://fr.topic-topos.com/stele-des-maquis-de-saint-laurent-plouegat-guerrand.
  79. "Été 1944 : Résistances et Libération en Trégor", Skol Vreizh no 56.
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  131. « Un tel polylithisme revêt plusieurs aspects. Le polylithisme originel (ou primaire) est lié aux constructions monophasées. Pour des raisons architecturales (solidité, esthétique...) ou plus simplement d'économie, seules, fréquemment, les pierres d'angle et d'encadrement des ouvertures ont utilisé le grand appareil en granite, les élévations des murs ayant dû alors se contenter de moellons (schistes, grès, quartzites…). La nécessité de terminer les bâtiments dans des délais raisonnables a pu aussi contraindre à faire appel — au même moment — à des carrières différentes, d'où, par exemple, l'emploi des divers granites du district de l'Ile Grande. Le polylithisme secondaire (ou acquis) est lié aux constructions polyphasées, séparées par des épisodes de destruction et de modifications diverses ». Cf Jean-Christophe Cassard, Bretagnes. Art, négoce et société, de l'Antiquité à nos jours, Association des Amis de Jean Tanguy, , p. 302.
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