Pronom personnel


En grammaire, le pronom personnel est une catégorie de pronoms servant à désigner les trois types de personnes grammaticales.

La classification des pronoms en trois personnes distinctes a été héritée de la culture grecque qui appelait Personae les figurations réalisées par la flexion verbale.

Sommaire

Pronoms personnels sujets


Nature des trois personnes

Les trois personnes grammaticales sont :

1. La première personne, c'est-à-dire l'énonciateur ou locuteur (je) ;
2. La deuxième personne, c'est-à-dire le destinataire ou interlocuteur familier (tu),
2 bis. La deuxième personne, c'est-à-dire le destinataire ou interlocuteur distant (vous) ;
3. La troisième personne de sexe masculin, c'est-à-dire la personne absente, celle dont on parle (il), que certains linguistes (Émile Benveniste) appellent la non-personne parce qu'elle ne participe pas à la situation d'énonciation,
3 bis. La troisième personne de sexe féminin (elle) dans les mêmes conditions, mais à la différence des deux premières, elle est distincte selon le sexe.

Il y a donc en réalité cinq personnes grammaticales au singulier et non trois, fondées sur des variables actives ou pas selon les cas : le genre (il, elle), la distance relationnelle (tu, vous). À noter également le non-emploi du pronom personnel en cas de grande distance sociale, comme dans l'expression « Monsieur est servi ».

- La première et la deuxième personnes représentent le plus souvent des êtres humains, mais peuvent, à l'occasion, représenter des choses ou des animaux personnifiés ou auxquels on s'adresse :

Nuit et jour, à tout venant, je chantais, ne vous déplaise. (Jean de La Fontaine - La Cigale et la Fourmi)
(Rappelons qu'il s'agit d'une cigale s'adressant à une fourmi.)
- La troisième personne peut indifféremment représenter des êtres humains, des animaux ou des choses, sans avoir recours à la personnification :
Il vient de me dire que sa voiture est en panne et qu'elle est chez le garagiste.
Les pronoms « Il » et « me » représentent des personnes ; le pronom « elle » représente un objet (la « voiture » en question).
Cependant, les pronoms neutres sont (en principe) réservés à la représentation des choses et des animaux non personnifiés.

Pluriel des trois personnes

Mis à part le cas des emplois figurés, la valeur plurielle des trois personnes grammaticales est normalement la suivante.

Première personne du pluriel

La première personne du pluriel (« nous ») inclut obligatoirement la première personne du singulier (un seul et unique « je »), plus :

C'est ainsi que la phrase « Nous irons au cinéma » pourra être interprétée de différentes manières :
« Toi et moi irons au cinéma » / « Vous et moi irons au cinéma » / « Lui ou elle et moi irons au cinéma » / « Eux ou elles et moi irons au cinéma » / « Elle, vous et moi irons au cinéma » / « Eux, toi et moi irons au cinéma »…

D'autres langues distinguent le « nous » exclusif et inclusif, selon que tu fait partie ou non du groupe considéré.

Deuxième personne du pluriel

C'est ainsi que la phrase « Vous irez au cinéma » pourra donc être interprétée de différentes manières :
« Elle et toi irez au cinéma » / « Lui et toi irez au cinéma » / « Eux et toi irez au cinéma »…

Troisième personne du pluriel

Le pronom « ils » signifie : un « il » plus un ou plusieurs « il » ou « elle ».

Le pronom « elles » signifie toujours : deux « elle » ou davantage.

On peut dire qu'il y a 4 personnes grammaticales au pluriel : nous, vous, ils, elles. La distinction par genre entre « ils » et « elles » est moins précise qu'entre « il » et « elle » car « elles » ne concerne que des femmes, alors qu'« ils » peut concerner soit un groupe d'hommes soit un groupe mixte. Le « nous » n'indique pas si l'interlocuteur est impliqué ou non. Le « vous » est ambigu et seul le contexte de la phrase peut indiquer qu'il s'agit d'un pluriel ou d'un singulier (vouvoiement). N.B. Cette ambiguïté a disparu pour le « nous »[a].

Genres de la troisième personne du singulier

Les langues disposent en général d'une troisième personne décliné aux genres masculin et féminin, voire neutre également[1]. Le grec et le latin disposent d'un genre neutre dont la fonction propre est de marquer ce qui est considéré comme inanimé, mais qui peut également, dans certains cas, désigner des personnes[1]. Les langues romanes, telles que l’italien, l’espagnol et le français, ont perdu le genre neutre en évoluant, à l'exception du roumain[1]. Le genre neutre persiste dans les langues slaves, comme le russe, ou les langues germaniques, tels l’anglais ou l’allemand — le plus souvent pour désigner des objets inanimés ou de jeunes enfants[1]. Au début du XXIe siècle, certaines langues voient apparaître un genre neutre pour désigner des personnes : c'est le cas de l'anglais avec le they singulier (usage ayant existé en anglais médiéval) ou du suédois avec hen, pronom inventé par une romancière suédoise dans les années 1970 avant d'être utilisé dans les formulaires pour l’administration[1]. L'apparition de tels pronoms est controversée en France et en Espagne[1].

Pronoms personnels compléments


Formes des pronoms personnels ayant une fonction de complément d'objet, direct (COD) ou indirect (COI), dans la phrase. Toutes ces formes sont normalement clitiques et sont donc placées entre le pronom sujet et le verbe dans les phrases affirmatives (mais inversées après le verbe à l’impératif et jointes à lui par des traits d’union). Les pronoms compléments peuvent également être disjoints (COI précédé d’une préposition, ou complément circonstanciel, ou même un pronom tonique qui précède pour emphaser le pronom sujet de même nombre et de même personne).

Venant de la terminologie grammaticale latine, les termes de formes accusative et dative sont parfois utilisées pour parler respectivement des formes complément d’objet direct et indirect. Cependant le COI n’inclut pas seulement la forme dative (qui serait introduite en complément non clitique par la préposition à) ; il inclut aussi la forme ablative (qui serait introduite en complément non clitique par la préposition de) dont le pronom clitique (non antéposé) se placera avant celui de la forme accusative employé comme complément d’objet second (COS), même à l’impératif (les pronoms clitiques COI et COS sont alors déplacés, après un éventuel pronom clitique COD, après le verbe ou son auxiliaire impératif, tous ces clitiques étant joints entre eux et au verbe par des traits d’union).

Exemple de pronoms objets :

Dans le cas où plusieurs pronoms objets sont utilisés, l’ordre syntaxique peut varier :

Pronoms personnels compléments
Nombre Personne Genre Clitique antéposé Clitique postposé (après trait d’union) ou
disjoint (après préposition pour le COI/COS)
réfléchi COD COI/COS
singulier 1re neutre me / m’ 1 moi
2e neutre te / t’ 1 toi
3e indéfini se / s’ 1 en en / y soi
masculin le / l’ 1 lui / en / y lui
féminin la / l’ 1 elle
pluriel 1re neutre nous
2e neutre vous
3e masculin se les leur eux
féminin elles
1 avant une voyelle (ou un h muet), les formes me, te, se le et la sont élidées en m’, t’, s’ et l’.

Remarques :

Remarques au sujet du statut du pronom on


Ces remarques servent à parfaire la liste des pronoms personnels. En raison de ses traits morphologiques et de ses conditions d'emploi, on doit sans doute être rattaché aux pronoms personnels. Il est possible aussi qu'il y ait un lien entre on et les formes du réfléchi se, soi

1- on qui vient du latin homo signifie sujet humain. on c’est-à-dire un sujet humain peut équivaloir, selon les contextes, à tout sujet humain ou à quelque sujet humain de la même façon que le syntagme un chien peut, selon les contextes, signifier tout chien ou quelque chien.

a)

On a toujours besoin d’amis = Tout sujet humain a toujours besoin d’amis

Un chien a horreur des chats = Tout chien a horreur des chats

b)

On frappe à la porte = Quelque sujet humain frappe à la porte

Un chien aboyait = Quelque chien aboyait

2- Ces deux emplois de on paraissent bien différents. Ils n’épuisent pas la liste des usages de on qui peut aisément remplacer stylistiquement toutes les personnes à condition qu’il s’agisse, dans le cas de la troisième personne, d’un être humain. Signalons la proximité sémantique de on et de nous.

3- La forme on a les caractères des formes clitiques sujet je, nous, tu, vous, il. De même qu’on dit As-tu ?, on dit A-t-on ? avec simple inversion pour exprimer l’interrogation. En revanche en face de l’assertion « Quelqu’un est venu », on dit « Quelqu’un est-il venu ? » et non « Est venu quelqu’un ? ».

4- on d'une part et se, soi d'autre part, dit « pronom réfléchi » et rattaché traditionnellement à la troisième personne sont en distribution complémentaire. On a seulement la fonction de sujet et, par exemple, ne peut pas être complément d'objet. À l’opposé, se, soi ne peut pas exercer la fonction de sujet et exerce en revanche toutes les fonctions syntaxiques interdites à la forme on. Cela indique qu’ils pourraient être les formes d’un seul et même élément pronominal dont la forme on serait le cas sujet et se le cas régime. On observe que les formes lui et lui-même ne peuvent jamais être coréférentes de on. Il est possible de dire au choix Chacun travaille pour soi et Chacun travaille pour lui-même. En revanche, la seule forme coréférente de on est soi. On ne peut jamais dire On travaille pour lui-même, on dit toujours On travaille pour soi. On ne relève vraisemblablement pas de la troisième personne, si par troisième personne on entend le référent du pronom il non plus d’ailleurs que se et soi. On est vraisemblablement le cas sujet d’un pronom dont se est le cas régime et soi la forme tonique.

Formalisation des pronoms personnels d'après Kamp


La représentation en DRT (Discourse Representation Theory, Kamp 1981) sert à résoudre le problème de la dynamique des pronoms dans le discours puisque la fonction première d'un pronom est de reprendre un nom, elle permet ainsi de rendre compte de l'incrémentation du discours phrase par phrase.

Soit la phrase: Le Sandra voit une pub dernière-minute pour Marseille. Elle y va.

Cette analyse vise à rendre la grammaire compréhensible pour les traitements du langage en informatique. Donc il est nécessaire d'avoir recours à des prédicats qui sont des ensembles de propositions formulées d'après les règles de bonne formation du programme que l'on utilise et l'analyse grammaticale doit se baser sur la compétence du programme qu'il ne faut pas confondre avec la compétence d'un être humain en matière de langage, il s'agit d'un point de vue interne à la machine. Généralement l'imbrication de propositions ne va pas de soi puisqu'il est souvent interdit par le programme et nécessite alors l'usage de variables appelées arguments Q, R, S, T, U, V qui peuvent être reliés entre eux lorsqu'ils sont les mêmes. D'abord on scinde le texte en propositions logiques, généralement de façon exhaustive lorsque l'on distingue chaque élément du discours (déterminant, nom, nom composé, etc.) et ensuite on fait une analyse propositionnelle, en principe le modèle en DRT n'admet pas la quantification.

Ici, on remarque que dans la phrase étudiée le verbe voir possède un complément : « Le  », un sujet : « Sandra » et un objet : « une pub dernière minute », donc on peut proposer les arguments suivants : voir (complément, sujet, objet), et comme le verbe voir a une valence de 3, on écrit « voit (Q, R,S) » que l'on peut lire Q, R voit S ou soit « Le Sandra voit une pub dernière-minute » et ainsi de suite. On représente les pronoms anaphoriques « Elle », les autres pronoms ainsi que les embrayeurs comme l'adverbe de lieu « y » par des variables qu'il faut désambiguïser en cherchant le terme auxquels ils se réfèrent. En posant U=R on a désambiguïsé le pronom personnel anaphorique « elle » qui a été représenté par la variable U et parce que la variable R correspond au prédicat Sandra(R). De même pour le pronom complément circonstanciel de lieu V car « y »="Marseille".

Q, R,S, T U, V

Le (Q)
Sandra(R)
voit(Q, R,S)
une pub dernière-minute(S)
pour(S, T)
Marseille(T)

va(U, V)
U=R
V=T

Plan d'étude du pronom personnel en français


Pronom tonique et pronom atone
Pronom conjoint et pronom disjoint
Pronom réfléchi et pronom non réfléchi
Pronom neutre et pronom non neutre
Différentes formes fléchies de pronoms personnels
Syntaxe du pronom personnel sujet conjoint
Syntaxe du pronom personnel complément conjoint
Syntaxe du pronom personnel disjoint

Notes et références


Notes

  1. Dans l'ancien usage royal, le roi parlait de lui-même en disant « nous », l'importance de son rang étant soulignée par l'usage de ce « pluriel de majesté » s'appliquant à sa seule personne.

Références

  1. a b c d e et f Pierre Ropert, « Pourquoi n'existe-t-il pas de genre neutre en français ? » , sur franceculture.fr, (consulté le ).

Bibliographie


Articles connexes









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Information à partir de: 26.01.2022 03:09:34 CET

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