Victor de Marseille


Victor de Marseille
Sculpture de saint Victor de Marseille au moulin Nooit Gedagt, Woudrichem (Pays-Bas)
Biographie
Naissance
Décès
Époque
Activité
Militaire
Gens
Inconnu
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Religion
Étape de canonisation
Fête

Victor de Marseille (né à une date inconnue et mort le ou 304 à Marseille) était un militaire romain, officier dans la légion thébaine entièrement composée de chrétiens, massacrée sous le règne des empereurs Dioclétien (285-305) et Maximien Hercule (285-305) à Agaune (aujourd'hui Saint-Maurice, en Suisse). (selon Eucher, archevêque de Lyon) Selon Amédée Thierry, historien au XIXe siècle, Victor, officier dans la garde de l'empereur, serait arrivé à Marseille à l'occasion d'une visite dans la ville de l'empereur Maximien Hercule[1].

Sommaire

Biographie


En février 303, dans un empire romain déjà bien christianisé, où la foi chrétienne a pénétré les diverses couches de la population, éclate une persécution soudaine, brutale et systématique, qui fera des milliers de victimes dans tout l'empire. Rescapé du massacre de la légion thébaine, Victor sera l'une de celles-ci, à Marseille, où il subit le martyre pour avoir refusé d'abjurer sa foi chrétienne.

Le (ou 304 selon certaines sources), on amène un soldat nommé Victor, officier dans la légion thébaine, au tribunal de Marseille où siège le préfet du prétoire Euticius. Ce soldat refuse de percevoir sa solde et clame qu’il est chrétien. Ayant refusé de sacrifier aux dieux comme le lui demandait le juge, Victor est traîné à travers la ville, les bras liés dans le dos.

Ramené devant le juge, Victor refuse à nouveau de sacrifier : « Je ne sacrifierai pas ; cela est dû au Créateur, non à une créature ». En entendant cela le tribun Astérius lui donne une gifle et les soldats le frappent à coups de gourdin. Après cela, Asterius ordonne de le suspendre et de le martyriser avec des lanières de cuir. Puis il est descendu et enfermé dans un cachot.

Le 21 juillet, Victor est tiré des arrêts et traduit à nouveau devant le préfet Euticius. Il refuse à plusieurs reprises de sacrifier aux dieux. Le juge lui présente l’autel où il doit sacrifier. Mais Victor ne supporte même pas de regarder l’autel dédié aux dieux qu'il considère faux. D’un coup de pied, il le fait tomber de la main du prêtre, par terre. Le juge en colère ordonne que le pied ayant donné le coup soit coupé, puis, comme Victor refuse toujours de sacrifier, ordonne de le mettre sous la meule du boulanger, entraînée par un animal, où le grain est habituellement moulu.

Les Chrétiens de Marseille, qui avaient vu où le corps avait été jeté dans la mer, allèrent le récupérer, puis l'enterrèrent en hâte, dans l'ancienne carrière grecque devenue nécropole, à flanc de colline. 32 chrétiens moururent en martyr à cette époque. À cet emplacement, fut par la suite construite une abbaye à laquelle son nom fut donné : l'abbaye Saint-Victor de Marseille, qui fut un des hauts lieux du catholicisme dans le sud de la France depuis la fin de l'Antiquité. À ce sujet, Jean-Baptiste Grosson écrivit, en 1773, dans son « Recueil des antiquités et des monuments marseillais qui peuvent intéresser l’histoire et les arts » à propos des origines de l'abbaye :

« L'origine de cette Église est due à la piété des premiers Fidèles. Elle n'a d'abord été qu'une grotte ou caverne qui étant pour lors éloignée de la Ville, et dans l'emplacement des anciens Champs-Élysées, ou ossuarium des Marseillois, servoit de retraite aux premiers Chrétiens, pour y aller célébrer les saints Mystères, et ensevelir les corps des martyrs. Il y a auprès de cette grotte, qui est aujourd'hui renfermée dans l'église inférieure, une chapelle dédiée à Notre-Dame de Confession, dont l'autel fut construit sous l'empereur Antonin qui vivoit l'an 140. Victor, Officier des troupes marseilloises, ayant souffert le martyre sous Dioclétien, l'an 303, le 21 juillet, les Fidèles ensevelirent son corps dans cette grotte. »

Victor est fêté avec ses compagnons le 21 juillet.

Chapelles et lieux de culte


Liens externes


Notes et références


  1. Amédée Thierry, Histoire de la Gaule sous l'administration romaine, Éd. Perrotin, 1847, p. 71 : « Dans le corps de troupes qui accompagna l'empereur, se trouvait un officier qui professait le nouveau culte, malgré la sévérité des édits d'interdiction, car les mesures prises par Varus n'avaient guère fait d'apostats. Cet officier se nommait Victor. Son premier soin en arrivant fut de s'enquérir si la ville renfermait des frères. »







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